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Les Etats-Unis ont apporté leur "indéfectible soutien" au président nigérien Mohamed Bazoum renversé par un coup d'Etat militaire avant la tenue samedi à Paris d'un Conseil de défense sur la situation au Niger, ultime pivot du dispositif antijihadiste français au Sahel.
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Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a assuré vendredi M. Bazoum de "l'indéfectible soutien" de Washington lors d'un appel téléphonique, selon son porte-parole Matthew Sullivan.
Il a souligné que le coup d'Etat mettait en péril "des centaines de millions de dollars d'aide", mais que les Etats-Unis continueraient d'oeuvrer à la "pleine restauration de l'ordre constitutionnel et de la gouvernance démocratique au Niger".
Dimanche, "un sommet spécial" de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), à laquelle appartient le Niger, se tiendra à Abuja pour évaluer la situation, avec de probables sanctions à la clé.
Le Niger est l'un des derniers alliés de Paris au Sahel. Auparavant essentiellement une base de transit pour les opérations au Mali, dont la force Barkhane s'est retirée, il est le seul pays africain avec lequel la France entretient encore un partenariat dit "de combat" contre les jihadistes.
M. Macron a condamné "avec la plus grande fermeté" le coup d'Etat, le ministère des Affaires étrangères indiquant que la France "ne reconnaît pas les autorités" issues du putsch.
Le général Abdourahamane Tchiani, chef de la garde présidentielle du Niger à l'origine de la chute du président élu, s'est présenté vendredi comme le nouvel homme fort du pays, avant que l'entourage politique de M. Bazoum ne dénonce "un coup d'Etat pour convenance personnelle".
- Bazoum séquestré -
Le est apparu sur les écrans de la TV nationale pour lire un communiqué en tant que "président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP)", la junte putschiste.
Proclamé ensuite chef de l'Etat par ses pairs, il a justifié le coup d'Etat de mercredi par "la dégradation de la situation sécuritaire" dans un Niger miné par la violence de groupes jihadistes.
Selon lui, "l'approche sécuritaire actuelle n'a pas permis de sécuriser le pays en dépit de lourds sacrifices consentis par les Nigériens et le soutien appréciable et apprécié de nos partenaires extérieurs", la France et les Etats-Unis faisant partie des principaux.
Le général a demandé "aux partenaires et amis du Niger, en cette étape cruciale de la vie de notre pays, de faire confiance à nos Forces de défense et de sécurité, garantes de l'unité nationale".
Il s'est aussi interrogé sur "une approche sécuritaire" qui "exclut toute véritable collaboration avec le Burkina Faso et le Mali", deux pays voisins du Niger, également dirigés par des militaires putschistes et frappés par la violence jihadiste.
Reprenant chaque point de son discours, deux directeurs adjoints du cabinet de Mohamed Bazoum, Daouda Takoubakoye et Oumar Moussa, ont dénoncé un "coup d'Etat pour convenance personnelle justifié par des arguments puisés exclusivement dans les réseaux sociaux", en réponse à la première déclaration du chef de la junte.
Un autre proche de M. Bazoum a confié à l'AFP que le "remplacement" d'Abdourahamane Tchiani et "une refonte en profondeur de la garde présidentielle devaient être décidés dès ce jeudi (27 juillet) en conseil des ministres".
Le général Tchiani, haut gradé discret, commande la garde présidentielle depuis sa nomination en 2011 par Issoufou Mahamadou, prédécesseur de Mohamed Bazoum.
Peu après son intervention télévisée, un communiqué de la junte mettait en garde contre "toute intervention militaire étrangère", alors que "certains anciens dignitaires terrés dans des chancelleries en collaboration avec ces dernières, sont dans une logique de confrontation".
M. Bazoum a passé vendredi avec sa famille sa troisième journée de séquestration dans sa résidence présidentielle, mais a pu s'entretenir au téléphone avec d'autres chefs d'Etat, parmi lesquels Emmanuel Macron.
Après le Mali et le Burkina Faso, le Niger, jusqu'alors allié des pays occidentaux, devient le troisième pays du Sahel, miné par les attaques de groupes liés à l'Etat islamique et à Al-Qaïda, à connaître un coup d'Etat depuis 2020.
Le Mali et le Burkina Faso se sont notamment tournés vers la Russie après avoir exigé le départ des soldats français de leur sol.
- Condamnations internationales-
La junte, qui rassemble tous les corps de l'armée, de la gendarmerie et de la police, a suspendu les institutions, fermé les frontières terrestres et aériennes, et instauré un couvre-feu.
Le putsch a été vivement condamné par les partenaires occidentaux du Niger, plusieurs pays africains et l'ONU, qui ont demandé la libération de M. Bazoum.
A Nairobi, le président kenyan William Ruto a estimé qu'avec ce coup d'Etat, "l'Afrique a subi un sérieux revers dans ses avancées démocratiques".
L'Union européenne, par la voix du chef de sa diplomatie Josep Borrell, a menacé vendredi de suspendre "tout appui budgétaire".
Riche en uranium, le Niger a une histoire jalonnée de coups d'Etat depuis l'indépendance de cette ex-colonie française en 1960.