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Après des dénégations, le policier ayant fait appel de son incarcération a reconnu jeudi un tir de LBD le soir où le jeune Hedi a été gravement blessé en marge des émeutes à Marseille, une avancée pour l'avocat général qui a toutefois requis son maintien en détention.
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La chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence rendra sa décision à 16H00, dans ce dossier inflammable de violences policières qui a conduit à une fronde dans certains commissariats et une polémique politique.
"J'ai pris la décision de faire usage de LBD à une reprise", a déclaré le policier prénommé Christophe, tee-shirt blanc, crâne rasé, qui a fait appel de son incarcération.
"J'ai vu que tout le monde était debout" et "évidemment que si une personne avait été inconsciente au sol ou présentant des blessures graves il aurait été immédiatement pris en charge", a-t-il insisté, combattif et impassible à la fois.
"Rien ne prouve" que ce soit ce tir qui ait blessé Hedi, dont une partie du crâne a été amputé, a estimé ensuite son avocat Me Pierre Gassend.
Jusqu'à présent, les quatre policiers mis en examen dans ce dossier étaient dans "une extrême minimisation de ce qu'il s'est passé", avait souligné le président en début d'audience.
Ces aveux donnent "une perspective" à l'enquête, a salué l'avocat général. Pour autant, face au risque de "concertation frauduleuse" avant un interrogatoire du policier prévu le 30 août, il a requis le maintien en détention afin de "préserver l'information".
Il a par ailleurs mis en avant des "éléments incontournables" livrés par l'exploitation de caméras de surveillance notamment celle d'une synagogue, et qui prouvent qu'Hedi a été roué de coups après avoir reçu un tir de LBD à la tête.
"Un balayage" le fait chuter, "deux coups de pied", "nouveau coup de poing" et "ensuite un troisième arrive et lui porte une gifle ou coup de poing à la tête", énumère l'avocat général parlant d'un "épisode navrant". Après un dernier coup dans les fesses, Hedi finira pas s'effondrer et être conduit à l'hôpital par le propriétaire d'une épicerie.
Me Gassend a lui plaidé la remise en liberté, assurant que son client avait une possibilité d'être logé loin de Marseille par un enquêteur de la police judiciaire et balayant le risque de pression.
- 31 enquêtes -
"Vive l'incarcération si elle permet aux gens de réfléchir et de dire enfin la vérité", a ironisé de son côté Me Jacques-Antoine Preziosi, l'avocat d'Hedi. Compte tenu de sa grande fatigue, le jeune homme n'était pas présent.
La situation d'un autre fonctionnaire, également mis en cause et qui conteste son contrôle judiciaire, devait aussi être examinée jeudi mais à huis clos.
Au total, quatre policiers sont mis en examen pour "violences volontaires ayant entrainé une ITT (incapacité totale de travail) supérieure à 8 jours, aggravées par trois circonstances en ce qu’elles ont été commises en réunion, avec usage ou menace d'une arme et par personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions".
L'un avait été mis en détention provisoire et les trois autres placés sous contrôle judiciaire avec "interdiction d'entrer en contact avec les coauteurs, la victime et les autres protagonistes et interdiction d'exercer l'activité professionnelle de fonctionnaire de police".
L'incarcération du policier marseillais il y a deux semaines, après celle du policier mis en examen pour avoir tué Nahel M., 17 ans, à Nanterre fin juin, a déclenché une fronde dans une partie de la police et une polémique sur l'indépendance de la justice après des propos du patron de la police.
"Le savoir en prison m'empêche de dormir", avait notamment déclaré le directeur général de la police Frédéric Veaux, qui considère "qu'avant un éventuel procès, un policier n'a pas sa place en prison".
Lundi, Hedi avait déclaré sur BFMTV avoir "confiance" en la justice mais avait regretté de ne pas avoir eu de soutien de l'Etat. Depuis, le porte-parole du gouvernement l'a appelé pour prendre de ses nouvelles, a confirmé l'entourage d'Olivier Veran.
Au total, 31 enquêtes de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, ont été ouvertes à la suite des émeutes, a appris mercredi l'AFP de source policière.