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La Russie a mené tôt lundi une nouvelle salve de drones dans le Sud de l'Ukraine, endommageant des infrastructures, à quelques heures d'un sommet entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan dans le sud de la Russie sur une reprise de l'accord céréalier, vital pour la sécurité alimentaire mondiale.
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Kiev a également assuré lundi que des drones explosifs russes sont tombés dans la nuit en Roumanie, son voisin et membre de l'Otan, lors de cette nouvelle vague d'attaques de Moscou, des déclarations immédiatement "démenties catégoriquement" par Bucarest.
De son côté, le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov a annoncé lundi avoir remis sa démission au Parlement, au lendemain de l'annonce de son remplacement par le président Volodymyr Zelensky, après plusieurs scandales de corruption au sein du ministère sur fond d'invasion russe.
Négocié sous l'égide de la Turquie et de l'ONU à l'été 2022, cet accord visait jusque-là à protéger les exportations céréalières via les ports ukrainiens sur la mer Noire.
M. Erdogan, un des rares dirigeants au sein de l'Otan à préserver de bonnes relations avec M. Poutine, espère faire de ces entretiens un tremplin en vue de négociations de paix plus larges entre Kiev et Moscou, alors que l'Ukraine se trouve en pleine contre-offensive sur le terrain.
Ces discussions interviennent alors que le nombre d'attaques de drones sur le sol ukrainien, mais aussi sur le territoire russe, ont largement augmenté ces dernières semaines.
- Drones visant le Sud -
Dans la nuit de dimanche à lundi, "32 Shahed", des drones explosifs de conception iranienne, ont ainsi été lancés par la Russie, visant le sud et le sud-est de l'Ukraine, a déclaré dans un communiqué l'armée de l'air ukrainienne.
Au total, 23 ont été détruits par la défense antiaérienne, selon la même source, laissant penser qu'une petite dizaine avaient touché leur cible.
Dans la région méridionale d'Odessa, le gouverneur régional Oleg Kiper a ainsi déploré que "dans plusieurs localités du district d'Izmaïl, des entrepôts et des bâtiments de production, des machines agricoles et des équipements d'entreprises industrielles (aient) été endommagés", sans toutefois faire de victimes.
Le port d'Izmaïl sur le Danube, proche de la Roumanie, est devenu un passage d'importance pour les exportations ukrainiennes depuis le retrait russe de l'accord céréalier mi-juillet.
Dans la matinée, les garde-frontières ukrainiens ont même affirmé que des drones explosifs russes étaient tombés à cette occasion sur le sol roumain.
"Nous avons enregistré deux détonations sur le territoire roumain, dans la zone du port d'Izmaïl", a déclaré à l'AFP Andriï Demtchenko, un porte-parole.
La Roumanie a de son côté rapidement "démenti catégoriquement" ces affirmations, par la voix de son ministère de la Défense.
"A aucun moment", les attaques russes dans la nuit "n'ont généré de menace militaire directe" pour la Roumanie, a-t-il indiqué dans un communiqué.
- Alertes dans les écoles de Kiev -
Dans la nuit de samedi à dimanche, des engins russes avaient déjà frappé des sites industriels sur le Danube, selon le bureau du procureur général de l'Ukraine.
L'armée russe avait dit de son côté avoir effectué un raid à l'aide de ces appareils contre "des dépôts de carburant utilisés pour ravitailler les équipements militaires de l'armée ukrainienne dans le port de Reni", également situé dans la région d'Odessa.
Parallèlement, l'Ukraine a revendiqué lundi des gains limités sur le front Sud - objet de toutes les attentions depuis que Kiev a dit avoir ouvert une légère brèche autour de la localité de Robotyné -, et la reprise de trois km2 près de Bakhmout (Est).
A Kiev, les autorités ont elles fait état d'une nouvelle alerte à la bombe reçue pour toutes les écoles de la capitale, trois jours après la première, qui s'était avérée fausse, le jour de la rentrée scolaire le 1er septembre.
Lundi, l'armée russe a par ailleurs affirmé avoir détruit en mer Noire quatre vedettes militaires rapides transportant des soldats ukrainiens, quelques jours après avoir dit avoir fait de même contre quatre bateaux transportant des forces spéciales de Kiev.
"Dans la partie nord-ouest de la mer Noire, (...) l'aviation navale de la Flotte de la mer Noire a détruit quatre vedettes militaires rapides +Willard Sea Force+ de fabrication américaine (transportant) des groupes de débarquement des Forces armées de l'Ukraine", a assuré le ministère russe de la Défense dans un communiqué.
Les bateaux ukrainiens voyageaient dans la nuit de dimanche à lundi en direction du cap Tarkhankout situé dans l'Ouest de la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014, a assuré le ministère sans fournir davantage d'informations.