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Fragilisé par des scandales de corruption dans son ministère, Oleksiï Reznikov a démissionné de son poste de ministre ukrainien de la Défense après avoir inlassablement négocié l'obtention d'armes auprès des alliés occidentaux de Kiev, depuis l'invasion russe en février 2022.
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"Ce fut un honneur de servir le peuple ukrainien et de travailler pour l'armée ukrainienne au cours des 22 derniers mois, la période la plus difficile de l'histoire moderne de l'Ukraine", a commenté lundi M. Reznikov après avoir remis sa démission au Parlement, au lendemain de l'annonce de son remplacement par le président Volodymyr Zelensky.
Crâne chauve, petit bouc et lunettes fines, cet avocat de 57 ans, peu expérimenté dans le domaine militaire, était devenu l'un des visages politique et militaire de l'effort de guerre de l'Ukraine depuis l'invasion russe.
Inlassable représentant auprès de ses homologues, il a contribué notamment à la fourniture de système de défense aérienne américains Patriot ou encore de chars lourds de fabrication allemande Leopard.
Plus récemment, il a mené les efforts pour obtenir des avions de combat américains F-16, réclamés par Kiev pour appuyer sa difficile contre-offensive menée depuis juin afin de reconquérir les territoires occupés par les forces Russes dans le sud et l'est du pays.
Il "semble que le Père Noël existe", avait-il commenté sur X (ex-Twitter) après l'autorisation donnée en août par les Etats-Unis au Danemark et aux Pays-Bas pour le transfert des avions vers l'Ukraine. La Norvège leur avait également emboîté le pas.
Mais en pleine guerre avec la Russie, son ministère a été secoué par des scandales de corruption, mal endémique en Ukraine.
En janvier, si Oleksiï Reznikov a conservé son poste, son adjoint a lui été contraint de démissionner après la révélation de la signature par le ministère de contrats sur l'achat de produits alimentaires destinés aux soldats qui affichaient des montants en réalité surévalués.
M. Reznikov avait alors reconnu que les services de lutte contre la corruption de son ministère avaient "failli dans leur tâche".
- "Conscience tranquille" -
"Le stress que j'ai enduré cette année est difficile à mesurer avec précision. Je n'ai honte de rien", avait-il déclaré, ajoutant: "Ma conscience est absolument tranquille".
Début août, c'était la totalité des responsables régionaux chargés du recrutement militaire qui étaient limogés par Volodymyr Zelensky, afin de déraciner un système de corruption permettant notamment à des conscrits d'échapper à l'armée.
Né en 1966 dans la ville occidentale de Lviv, Oleksiï Reznikov rejoint l'armée après l'école et effectue son service militaire durant l'époque soviétique, en tant que parachutiste. Il étudie ensuite à l'université et devient avocat.
En 2004, il représente légalement le futur président ukrainien Viktor Iouchtchenko dans sa lutte pour contester des élections truquées, et obtient un nouveau vote remporté par M. Iouchtchenko.
L'avocat devient ensuite maire adjoint de Kiev, où il est notamment responsable de l'organisation du concours Eurovision dans la capitale en 2017, puis de la finale de la Ligue des Champions de football en 2018.
Depuis 2019, il était membre de la délégation ukrainienne au Groupe de contact trilatéral, négociant avec la Russie et les observateurs de l'OSCE pour tenter de trouver une solution diplomatique pour mettre fin aux combats avec les séparatistes soutenus par la Russie dans l'est de l'Ukraine.
En 2020, il rejoint l'équipe du président Volodymyr Zelensky et est nommé vice-Premier ministre chargé de la réintégration des territoires temporairement occupés.
Il devient ministre de la Défense en novembre 2021, à peine quatre mois avant l'assaut des troupes de Moscou, avec comme principale tâche de "renforcer la capacité de défense de l'armée" ukrainienne, avait alors déclaré M. Zelensky.
Dimanche soir, le président ukrainien a annoncé remplacer M. Reznikov par Roustem Oumerov, 41 ans, un responsable éminent de la communauté des Tatars de Crimée et chef du Fonds des biens de l'État, en raison à ses yeux du besoin de "nouvelles approches".
Le Parlement doit encore entériner la nomination du nouveau ministre.