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Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme s'est dit lundi favorable à une enquête internationale sur l'explosion il y a trois ans dans le port de Beyrouth, déplorant qu'"aucune responsabilité n'a été établie" jusqu'ici dans cette affaire.
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"Au Liban, trois ans après l'explosion de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts et 7.000 blessés, dont plus de 1.000 enfants, aucune responsabilité n'a été établie", a relevé Volker Türk devant le Conseil des droits de l'homme.
La déflagration, l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'Histoire, avait été provoquée par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d'ammonium malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables.
A l'occasion du troisième anniversaire de l'explosion, le 4 août dernier, des centaines de Libanais avaient marché jusqu'au port pour accuser la classe politique d'entraver l'enquête.
La veille de cette manifestation, 300 ONG dont Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ainsi que des familles de victimes avaient réitéré leur appel à la constitution d'une commission d'enquête internationale.
- "Evolution positive" -
"Pour nous c’est un pas très important, qui arrive après un long travail de lobbying", s'est réjoui de son côté Paul Naggear, qui a perdu sa fille de trois ans dans l'explosion.
"C'est une évolution très positive qui a pour objectif d’être concrétisée idéalement en mars prochain avec une résolution", a-t-il déclaré à l'AFP.
"Cette commission, si tant est qu’elle vient appuyer l’enquête locale, peut nous aider à avoir accès à des informations (...) que nous n’arrivons pas à obtenir", a dit de son côté Mariana Fodoulian, qui a perdu sa soeur dans le drame.
Au Liban, un premier juge chargé de l'enquête en 2020 avait dû jeter l'éponge après avoir inculpé l'ex-Premier ministre Hassan Diab et trois anciens ministres.
Son successeur, Tarek Bitar, s'est à son tour attaqué à des responsables politiques mais le Parlement a refusé de lever l'immunité de députés inculpés, le ministère de l'Intérieur s'est opposé à l'interrogatoire d'officiers de haut rang et les forces de sécurité ont refusé d'exécuter des mandats d'arrêt.
Il a été contraint de suspendre son enquête pendant 13 mois, en raison de dizaines de poursuites à son encontre de la part de responsables politiques et d'autres intenses pressions.
En janvier dernier, il a repris son travail à la surprise générale. Il a alors été poursuivi pour insubordination par le procureur général après avoir inculpé plusieurs personnalités haut placées, une première dans l'histoire du Liban.
Le procureur a également ordonné la libération des 17 personnes détenues sans jugement depuis l'explosion.
Le département d'Etat américain a estimé de son côté que "l'absence de progrès" dans l'enquête était "inacceptable", soulignant "la nécessité d'une réforme judiciaire".