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Le président Volodymyr Zelensky a lancé mardi à l'ONU une violente diatribe contre Moscou accusée de "génocide" en Ukraine, tandis que son homologue américain Joe Biden appelait tous les pays à "se dresser contre l'agression" russe.
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La déportation par la Russie de "dizaines de milliers" d'enfants ukrainiens est "clairement un génocide", a-t-il accusé à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, dénonçant également le fait que la Russie se serve de l'alimentation et de l'énergie nucléaire "comme d'une arme".
"Les terroristes n'ont aucun droit de détenir des armes nucléaires", a-t-il encore dit, tout en invitant les dirigeants de la planète opposés à l'agression russe à l'aider à préparer "un sommet de la paix".
M. Zelensky a été longuement applaudi à son entrée dans l'enceinte, sous les yeux de l'ambassadeur russe adjoint à l'ONU Dmitry Polyanskiy, présent à la table russe.
Dans la matinée, le président américain Joe Biden a fustigé la Russie qui "croit que le monde va se lasser et la laisser brutaliser l'Ukraine sans conséquence".
"Si nous laissons l'Ukraine être démembrée, l'indépendance des nations est-elle encore garantie ? La réponse est non", a-t-il insisté, sous les applaudissements du président ukrainien et de la salle.
Cette fois, il est là en personne, pour cette grand-messe annuelle où il a pris la parole en milieu de journée mardi, avant de participer à une réunion spéciale du Conseil de sécurité mercredi et partir pour Washington où il sera reçu à la Maison Blanche jeudi.
- "Dialogue" -
Depuis l'invasion russe, une écrasante majorité de pays a adopté à l'Assemblée générale de l'ONU plusieurs résolutions soutenant l'Ukraine et son intégrité territoriale ou réclamant le retrait russe.
"Nous allons intensifier nos efforts pour mettre fin à la guerre grâce à la diplomatie et le dialogue, sur la base de l'indépendance et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a lancé le président turc Recep Tayyip Erdogan, soulignant que "la guerre n'aura aucun vainqueur et la paix aucun perdant".
En Ukraine, "aucune solution ne sera durable si elle n'est pas basée sur le dialogue", a insisté de son côté le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui doit s'entretenir mercredi avec Volodymyr Zelensky.
"Beaucoup a été investi dans des armes et très peu dans le développement", a-t-il déploré.
A l'inverse de plusieurs puissances occidentales, le Brésil n'a jamais imposé de sanctions financières à la Russie ni accepté de fournir des armes à Kiev et le pays tente de se positionner, tout comme la Chine, en tant que médiateur.
"Je suis conscient que pour certains dirigeants, il est important de trouver une solution pacifique", a noté lundi le président du Conseil européen Charles Michel. Mais "pour que cette paix soit durable, elle doit respecter les principes" de l'ONU, a-t-il affirmé.
- "Monde sens dessus dessous" -
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a, lui, peint un très sombre tableau d'un "monde sens dessus dessous", où les tensions géopolitiques "s'aggravent" et le réchauffement climatique "compromet le plus directement notre avenir".
Symbole de cette "compilation" de crises, les inondations de Derna en Libye, "triste instantané de l'état de notre monde, emporté par le torrent des inégalités et des injustices, et paralysé devant les défis à relever", a-t-il déploré.
Les milliers de personnes qui ont perdu la vie "ont été victimes de plusieurs fléaux. Victimes d'années de conflit. Victimes du chaos climatique. Victimes des dirigeants, qui, là et ailleurs, n'ont pas su trouver la voie de la paix".
En prélude à l'Assemblée générale lundi, les pays en développement ont rappelé le reste du monde à ses promesses d'améliorer le sort de l'humanité d'ici à 2030, insistant notamment sur une réforme de l'architecture financière internationale.
Une demande faite de façon répétée par Antonio Guterres, qui y voit une raison de la fragmentation du monde.
Hormis les Etats-Unis, aucun autre membre permanent du Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Chine, Russie) n'est représenté au plus haut niveau. Des absences que certains diplomates voient comme un mauvais signe pour l'ONU.
Le président iranien Ebrahim Raïssi, lui, devait encore s'adresser mardi après-midi à l'Assemblée générale, alors que son pays et les Etats-Unis viennent de procéder à un rare échange de prisonniers en vertu d'un accord comprenant le transfert à Téhéran de six milliards de dollars de fonds gelés.