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L'Ukraine a mis jeudi en garde contre "des mois difficiles à venir" après l'attaque nocturne "massive" russe qui a visé plusieurs villes, au moment où Volodymyr Zelensky est à Washington pour demander plus d'armes puissantes.
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est arrivé au Congrès américain, où les élus débattent d'une possible nouvelle aide militaire et humanitaire, et doit être reçu par le président Joe Biden.
Bratislava et Kiev ont annoncé avoir convenu d'un mécanisme et la Pologne, que cette crise a vu annoncer qu'elle ne livrerait plus d'armes à l'Ukraine, a promis des négociations.
En Ukraine, la nouvelle salve de missiles de croisière russes a fait trois morts à Kherson, dans le sud, et sept blessés à Kiev, la capitale.
"La plupart des missiles ont été abattus, mais seulement la majorité. Pas tous", a déclaré M. Zelensky sur Telegram, appelant les Occidentaux à fournir encore plus de systèmes anti-aériens à son pays.
L'arrivée prochaine de la saison froide fait craindre aux autorités du pays que Moscou ne relance une campagne de frappes sur le système énergétique pour plonger la population civile dans le noir et le froid, comme durant l'hiver 2022.
"Des mois difficiles nous attendent: la Russie va continuer d'attaquer les installations énergétiques et essentielles", a prévenu le chef adjoint de l'administration présidentielle, Oleksiï Kouleba, accusant Moscou de vouloir "semer la panique".
L'attaque de la nuit a visé "des dortoirs, des stations-service, un hôtel, des infrastructures énergétiques et civiles", a-t-il précisé.
A Kharkiv, grande ville du nord-est, des ateliers et usines ont été endommagés et deux personnes blessées, selon les autorités.
"La roquette est tombée tout près, à quelques mètres de nous. Il y avait beaucoup de débris et d'éclats d'obus. Elle a causé beaucoup de dégâts", a raconté à l'AFP Mykola Pogorielov, directeur d'une entreprise locale.
Ioulia Barantsova, couturière dans une fabrique de vêtements, a vu témoigne que les ateliers ont été touchés. "Les plafonds se sont effondrés, les fenêtres ont explosé", dit-elle.
- Nombreuses villes touchées -
Pour la première fois en six mois, des installations énergétiques dans l'ouest et le centre du pays ont été endommagées par les frappes russes, provoquant des coupures d'électricité dans plusieurs régions, a indiqué le fournisseur ukrainien Ukrenergo sur Telegram.
Si Valery Zaloujny, le commandant en chef de l'armée ukrainienne, s'est félicité que ses défenses aient "détruit 36 missiles de croisière" sur 43, certains ont fait des dégâts et des victimes.
A Kherson, dans le sud du pays, des zones résidentielles ont été touchées au milieu de la nuit, faisant trois morts et cinq blessés.
Dans la capitale, Kiev, des éclats de missiles ont fait sept blessés, dont une fillette de 9 ans.
Dans le quartier de Darnytskiï, dans l'est de la ville, "les fenêtres et les portes ont été soufflées", raconte à l'AFP Maïa Pelioukh. "Une fenêtre m'est tombée dessus."
"C'était très effrayant", dit de son côté Daria Kalna, autre témoin.
Neuf personnes ont également été blessées dans la ville de Tcherkassy, au sud de Kiev, et à Rivné (nord-ouest), l'attaque a provoqué des coupures de courant.
La région de Lviv (ouest), à quelque 1.000 km du front a elle aussi été frappée, a annoncé le gouverneur, sans donner plus de détails.
Ces attaques ont eu lieu quelques heures après que Moscou a assuré avoir abattu un total de 22 drones ukrainiens en Crimée annexée, au-dessus de la Mer noire ainsi que dans les régions de Belgorod et Orel.
L'armée ukrainienne a de son côté affirmé avoir frappé avec des drones et des missiles dans la nuit un aérodrome militaire russe près de la ville de Saky, en Crimée.
La frappe a infligé "de graves dégâts" alors qu'au moins 12 avions de combat de type Su-24 et Su-30 se trouvaient sur l'aérodrome, a affirmé une source au sein des services de sécurités ukrainiens.
Ces attaques croisées surviennent après que Volodymyr Zelensky a dénoncé mercredi à New York, à l'ONU, l'"agression criminelle" de Moscou et "le blocage" de l'instance internationale en raison du droit de veto russe au Conseil de sécurité.