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"Faire bloc contre les violences et le racisme", "Ni oubli ni pardon": plusieurs manifestations "contre les violences policières", à l'appel principalement d'organisations de gauche radicale, ont lieu samedi dans de nombreuses villes de France, sous haute surveillance des autorités qui attendent environ 30.000 manifestants.
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A Paris, le cortège rassemblant plusieurs milliers de personnes s'est ébranlé vers 15H00 depuis la gare du Nord, dans le nord-est de la capitale, a constaté un journaliste de l'AFP.
A l'avant de la manifestation, de nombreux collectifs de familles réclament la vérité pour "Othmane", "Alassane", ou "Mahamadou", derrière la banderole "coordination nationale contre les violences policières".
"On vient se battre pour mon frère, l'homme qui l'a tué, un octogenaire ancien militaire, a été remis en liberté", affirme Hawa Cissé, 21 ans, sœur de Mahamadou Cissé , tué d'un coup de fusil en décembre 2022 à Charleville Mézières.
Avant le départ du cortège, la foule rassemblée boulevard Magenta scandait "Police partout, justice nulle part", "Pas de justice, pas de paix" ou encore "Justice pour Nahel".
Le décès il y a trois mois de cet adolescent de 17 ans, tué par un policier lors d'un contrôle routier à Nanterre, avait déclenché une vague d'émeutes dans tout le pays.
Les manifestants, de tous âges, brandissaient des pancartes sur lesquelles était inscrit "Stop aux violences d'Etat", "Ni oubli ni pardon", ou encore "Etat raciste, Etat policier".
"La loi tue", dénonce aussi une pancarte, avec une statue figurant la justice aux yeux barrés de rouge, critiquant l'article 435-1 du code de sécurité intérieure, qui élargit la possibilité pour les forces de l'ordre de faire feu en cas de refus d'obtempérer.
Plusieurs élus de LFI étaient présents, à l'instar de la députée Mathilde Panot, qui a salué "l'unité" des "198 organisations (qui) appellent à cette marche" - organisations syndicales, politiques et autres collectifs de quartiers populaires.
Cette manifestation "n'est certainement pas ce que dit M. Darmanin, c’est-à-dire une marche anti police, mais une marche de défense de la République", a-t-elle ajouté.
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a adressé vendredi une lettre de soutien aux policiers et gendarmes et envoyé un télégramme aux préfets, dont l'AFP a eu copie, les appelant à "faire preuve d'une vigilance particulière concernant ces rassemblements", de prendre un arrêté d'interdiction si nécessaire et de signaler les messages "porteurs de slogans insultants et outrageants à l'endroit des institutions de la République, de la police et de la gendarmerie susceptibles de tomber sous le coup de la loi".
- "La police qui protège" -
Vendredi, la préfecture de la Vienne a saisi le procureur de Poitiers pour "injure publique" pour une affiche annonçant une manifestation contre les violences policières qui associait une croix gammée au logo de la police nationale.
Le ministère de l'Intérieur a mobilisé samedi 30.000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire, dont 6.000 pour encadrer la visite du pape François à Marseille.
"Un peu plus de 1.000 policiers (sont) mobilisés" sur la manifestation parisienne, avait indiqué samedi matin le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez.
Dans d'autres villes, c'est dès la fin de matinée que les manifestants ont arpenté les rues, comme à Perpignan, où le mot d'ordre des organisateurs "contre le racisme systémique, les violences policières et pour les libertés publiques" a rassemblé environ 150 personnes, selon un correspondant de l'AFP, ou à Toulouse, où le cortège comptait quelque 600 participants, selon la préfecture.
"C'est important de se rassembler pour faire bloc contre les violences et le racisme", a déclaré à l'AFP Elsa Chevalier, éducatrice spécialisée de 25 ans, présente dans le cortège toulousain, qui précise ne pas se sentir personnellement "en danger" face aux forces de l'ordre.
"Pour les libertés publiques", "À bas l'État policier", "Je kiffe la police qui protège et pas du tout celle qui tabasse", pouvait-on lire sur des pancartes à Saint-Etienne, où environ 220 personnes ont manifesté, selon la police.
Après un défilé ayant un quartier populaire pour point de départ, deux mères de famille dont les fils sont décédés dans la région stéphanoise (en cellule de garde-à-vue pour l'un, en détention pour l'autre) ont réclamé "justice pour Mohamed", "justice pour Medhi".
Dans de nombreuses autres villes, quelques dizaines à quelques centaines de personnes de sont rassemblées, autour des mêmes slogans.
Selon une note du renseignement territorial, consultée par l'AFP, 24.000 à 30.000 participants, pour 116 marches unitaires sur tout le territoire, sont attendus lors de cet événement.
La mobilisation a aussi reçu le soutien de 150 personnalités du cinéma, dont la réalisatrice Palme d'Or 2023 Justine Triet, les acteurs Reda Kateb et Benoît Magimel, la productrice Sylvie Pialat.