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Les premiers résultats des élections sénatoriales ont confirmé dimanche une tendance à la stabilité de la Chambre haute, dominée par la droite, et les difficultés du camp présidentiel, qui a essuyé un premier revers en Nouvelle-Calédonie.
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A moins de huit mois du prochain grand rendez-vous électoral des européennes, 170 des 348 sièges de sénateurs sont à pourvoir pour six ans dans une quarantaine de départements, des Landes au Pas-de-Calais en passant par Paris, l'Île-de-France ou Mayotte. Les 178 autres le seront en 2026.
Mais dès dimanche matin, la macronie a enregistré une défaite emblématique, celle de la secrétaire d'Etat à la citoyenneté Sonia Backès, seule ministre en lice à l'échelle nationale, battue au second tour en Nouvelle-Calédonie par l'indépendantiste Robert Xowie.
Cette défaite pourrait-elle conduire Mme Backès à quitter le gouvernement, une règle jusqu'ici appliquée par le président de la République pour ses ministres aux législatives ? Ni l'Elysée ni Matignon n'ont répondu à l'AFP dans l'immédiat à ce sujet.
Le résultat est en tout cas jugé "d'extrême bon augure" par le leader LFI Jean-Luc Mélenchon, se refusant à y voir seulement un "phénomène local".
Deux modes de scrutin cohabitent pour ces sénatoriales à la campagne discrète: dans les départements où sont élus un ou deux sénateurs, l'élection a lieu au scrutin majoritaire à deux tours (un tour le matin, l'autre l'après-midi); et dans les autres départements, elle a lieu au scrutin proportionnel de liste à un tour.
Le premier tour a d'ailleurs pris fin dans les départements ruraux, avec plusieurs sortants reconduits: Olivier Cigolotti (UDI) et Laurent Duplomb (LR) en Haute-Loire ou les socialistes Eric Kerrouche et Monique Lubin dans les Landes.
Mais il faudra attendre la fermeture des bureaux de vote à 17h30 pour faire véritablement les comptes.
La droite maintenue ? La majorité présidentielle en difficulté ? La gauche en légère progression ? Une incursion du Rassemblement national ? Chou blanc pour les Insoumis ? Les fins connaisseurs de la carte électorale y vont chacun de leurs pronostics.
Tous s'accordent sur un point: les forces en présence ne bougeront qu'à la marge, à l'aube de chauds débats parlementaires sur l'immigration et le budget.
- Objectif 100 à gauche -
La droite avance sans pression dans le sillage de son leader Gérard Larcher (74 ans), en lice pour un sixième mandat de sénateur dans les Yvelines avant une confirmation plus que probable à son poste de président du Sénat le 2 octobre.
"Par les temps politiques difficiles et instables que l'on connaît, la stabilité est déjà une grande victoire", relève Bruno Retailleau, le patron du groupe LR, actuellement crédité de 145 sénateurs sur 348 au total.
Dans un hémicycle encore attaché au traditionnel clivage gauche-droite, reflet des élections municipales, le Parti socialiste (PS) compte bien rester le deuxième groupe du Sénat (64 sénateurs actuellement).
"Symboliquement, c'est important", reconnaît le chef de file socialiste - et candidat dans le Nord - Patrick Kanner, satisfait d'avoir signé "un accord gagnant-gagnant" avec les communistes et les écologistes dans une quinzaine de départements.
Avec une ambition sous-jacente: atteindre les 100 sénateurs de gauche dans l'hémicycle, contre 91 avant ce renouvellement. Parmi les nouveaux arrivants probables, l'ancien candidat à la présidentielle Yannick Jadot.
- Horizons en progression -
Cette alliance n'a pas plu à la France insoumise, écartée faute de disposer d'un maillage local suffisant pour garnir les rangs du Sénat.
Minoritaire et dispersée dans plusieurs groupes au Sénat, la majorité présidentielle risque aussi de payer les limites de son ancrage local. "Les dernières municipales nous ont enlevé tout espoir de gain substantiel", concède un sénateur Renaissance, désabusé.
Des résultats sur lesquels le président de la République ne devrait pas s'appesantir dans son interview à TF1 et France 2 dimanche soir.
Le parti Horizons d’Édouard Philippe semble de son côté plus fringant après ses victoires municipales à Reims ou à Angers, synonymes de sièges quasi-acquis.
Enfin le Rassemblement national, absent au Sénat, espère créer la surprise dans le Nord, le Pas-de-Calais ou la Moselle.
Autant d'enjeux pour une chambre haute revenue ces derniers mois sur le devant de la scène médiatique avec des commissions d'enquête remarquées (Benalla, Fonds Marianne...), et qui vante le sérieux de ses débats face au tumulte de l'Assemblée.