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Les dirigeants des neuf pays méditerranéens de l'Union européenne se retrouvent vendredi à Malte pour accorder leurs positions, en particulier sur l'immigration, forts d'une entente inattendue mais croissante entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni et au lendemain d'un accord à Bruxelles.
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Le président français, qui se revendique progressiste et pro-européen, et la Première ministre italienne, à la tête d'une formation postfasciste et élue il y a un an sur un programme aux accents nationalistes, se sont longuement entretenus mardi à Rome sur fond de nouvelle crise migratoire provoquée par un afflux record sur l'île italienne de Lampedusa.
"Il y a une vision partagée de la gestion de la question migratoire entre la France et l'Italie", a-t-on estimé à Paris.
Déjà dimanche, Emmanuel Macron avait salué la position de Giorgia Meloni, qui "prend sa responsabilité", loin des tensions franco-italiennes passées sur ce sujet explosif. Et loin aussi de la "réponse simpliste et nationaliste" qu'il a attribuée, sans le nommer, à un pilier de la coalition gouvernementale italienne, le chef de la Ligue Matteo Salvini, allié de la figure de proue de l'extrême droite française Marine Le Pen.
Les pays du Sud de l'Europe, souvent en première ligne, ont pu se réjouir du feu vert donné jeudi à Bruxelles par l'Allemagne à un volet clé du pacte migratoire européen, qui bloquait les négociations sur cette réforme du système d'asile des Vingt-Sept. Rome a toutefois émis quelques réserves, demandant plus de temps pour examiner son contenu plus en détail.
- Duo italo-français -
Malte a donc mis les migrations à l'ordre du jour, où figurent aussi le soutien à l'Ukraine, l'élargissement ou les questions économiques, avant des rendez-vous cruciaux de l'UE, à Grenade en Espagne dans une semaine, puis à Bruxelles fin octobre et en décembre.
Le gouvernement de l'île située entre les côtes italiennes et l'Afrique du Nord a aussi organisé une discussion sur les relations avec les voisins de la "rive Sud" de la mer Méditerranée, parmi lesquels la Tunisie et la Libye, pays de transit migratoire dont les Européens attendent davantage d'efforts pour endiguer les traversées.
Les dirigeants du Med9, qui réunit aussi Croatie, Chypre, Espagne, Grèce, Portugal et Slovénie, vont probablement évoquer l'instabilité au Sahel qui pourrait encore davantage affecter ces pays nord-africains, point de passage obligé pour les migrants d'Afrique subsaharienne.
Giorgia Meloni, confrontée depuis janvier à un nombre d'arrivées en forte hausse par rapport à 2022 malgré ses promesses de fermeté, et Emmanuel Macron, plaident tous deux pour une collaboration plus étroite avec la Tunisie, malgré les craintes des défenseurs des droits humains quant aux pratiques de ce pays du Maghreb.
Le duo italo-français veut aussi une intensification des contrôles européens en mer.
Les dirigeants doivent également évoquer les défis régionaux que représentent les catastrophes naturelles, après un séisme dévastateur au Maroc et des inondations meurtrières en Libye. Le chef de l'Etat français aura un entretien bilatéral sur la sécurité civile avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, lui-même objet de critiques pour la gestion des incendies et inondations ayant frappé son pays cet été.