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Les électeurs slovaques ont commencé à voter samedi pour un scrutin législatif qui s'annonce serré et déterminant pour la politique étrangère de la Slovaquie et son soutien à l'Ukraine dans les années à venir.
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Le vote dans ce pays de 5,4 millions d'habitants, membre de l'Union européenne et de l'Otan, se terminera à 20H00 GMT, les sondages de sortie des urnes étant attendus peu après, alors que les résultats définitifs devraient être connus dimanche matin.
"Nous nous sommes battus pour ce droit (de voter, ndlr) pendant longtemps, alors je saisis chaque occasion pour l'exercer", a déclaré à l'AFP Juraj Bucka, un avocat de 40 ans qui votait à Bratislava peu après l'ouverture du scrutin.
Pour Stefan, 53 ans, "les choses devraient avancer un peu ici, surtout lorsqu'il s'agit d'obtenir des fonds de l'Union européenne".
"C'est pourquoi nous devons voter pour choisir le meilleur gouvernement possible pour orchestrer ce processus", a-t-il ajouté.
La victoire se jouera entre le parti de gauche Smer-SD de l'ancien Premier ministre populiste Robert Fico et le parti centriste la Slovaquie progressiste de Michal Simecka, vice-président du Parlement européen, les deux groupements bénéficiant d'un soutien de l'électorat d'environ 20% chacun.
Tout vainqueur des élections nécessitera l'aide de plus petits partis pour atteindre la majorité au sein du Parlement de 150 sièges.
Le nouveau gouvernement remplacera celui de coalition de centre droit au pouvoir depuis 2020, qui a changé trois fois en trois ans.
Au cours d'une campagne électorale houleuse qui a donné lieu à plusieurs rixes entre candidats, M. Fico s'en est pris aussi bien à l'UE et à l'Otan qu'à la minorité LGBTQ.
Il s'est aussi opposé à toute aide militaire supplémentaire à l'Ukraine qui lutte contre l'invasion russe.
M. Simecka a prôné exactement le contraire, promettant de débarrasser la Slovaquie du "passé", dans une référence aux trois mandats de M. Fico en tant que Premier ministre (2006-2010 et 2012-2018), et exhortant les Slovaques à "élire l'avenir".
"Ces élections sont décisives pour l'orientation future de notre pays en matière de politique étrangère, de défense et de sécurité, mais aussi (...) pour l'avenir de la démocratie", a déclaré à l'AFP l'analyste politique indépendant Grigorij Meseznikov.
- "Onze partis" -
La campagne a été marquée par une vague de désinformation qui a touché la moitié de la nation, selon les analyses.
Assise sur un banc dans le centre de Bratislava avec une amie, Sona Hankina déclare qu'elle votera pour la Slovaquie progressiste après avoir procédé par "élimination", faute de mieux.
"Les enjeux sont importants, mais il est évident que rien ne changera vraiment", explique la jeune femme à l'AFP.
"Si je n'avais pas une petite fille, je ne vivrais même plus dans ce pays. C'est donc surtout pour elle que j'irai voter", explique-t-elle.
La présidente slovaque Zuzana Caputova a déclaré à l'AFP qu'elle chargerait le vainqueur des élections de former le prochain cabinet.
Le choix des partenaires de la coalition est large, puisque 11 partis devraient entrer au parlement.
M. Fico devrait courtiser Hlas-SD, dirigée par Peter Pellegrini, ancien vice-président de Smer-SD et successeur de M. Fico au poste du chef du gouvernement en 2018.
Hlas-SD est né en 2020 d'une scission au sein du Smer intervenue deux ans après le départ de M. Fico du poste de Premier ministre à la suite du meurtre du journaliste d'investigation Jan Kuciak et de sa fiancée.
- Même niveau -
M. Kuciak avait révélé l'existence de liens entre la mafia italienne et le gouvernement de Fico dans son dernier article publié à titre posthume.
S'opposant aussi à l'aide à l'Ukraine, les autres partenaires potentiels de M. Fico sont la République (extrême droite) et le Parti national slovaque (SNS) avec lequel il avait déjà gouverné à deux reprises.
La Slovaquie "progressiste" pourrait se tourner vers les partis de la coalition sortante de centre droit, à savoir Sme Rodina, le parti libéral Liberté et Solidarité (SaS) et le parti centriste Pour le peuple.
Selon M. Meseznikov, le soutien aux deux blocs de partis, national-populiste et pro-démocratique est plus ou moins le même.
"Mais l'avantage des forces antisystème est qu'elles sont moins fragmentées (...) mieux consolidées", selon lui.