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Les Australiens ont commencé à voter samedi lors d'un référendum historique pour ou contre une réforme constitutionnelle visant à reconnaître pour la première fois les peuples aborigènes.
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Près de 18 millions d'électeurs doivent se prononcer sur un projet de réforme appelée "La Voix" qui, si elle est adoptée, donnera aux Aborigènes australiens le droit d'être consultés par le gouvernement à propos des lois ayant un impact sur leurs communautés.
Le Premier ministre australien Anthony Albanese avait appelé la veille les électeurs à voter en faveur de la réforme constitutionnelle.
"Il n'en coûtera rien aux Australiens de faire preuve de gentillesse, de penser avec leur cœur et leur tête lorsqu'ils entreront dans l'isoloir", a déclaré M. Albanese depuis la ville d'Adélaïde, capitale de l'Etat d'Australie-Méridionale (sud).
Une victoire du référendum "pourrait bien améliorer la vie" des Aborigènes australiens, a encore plaidé M. Albanese. "Le +non+ ne nous mène nulle part", a-t-il ajouté. "Nous vivons actuellement dans le +non+".
La campagne a mis en évidence des profondes fissures entre la majorité blanche du pays et les descendants de ses premiers habitants.
Pour les partisans de la réforme, "La Voix" contribuerait à panser les plaies encore vives d'un passé brutal de colonisation et de répression raciale en Australie.
Les Australiens autochtones, dont les ancêtres vivent sur le continent depuis au moins 60.000 ans, ont les mêmes droits que les autres citoyens, mais ils souffrent toujours de fortes inégalités.
L'espérance de vie des Aborigènes est inférieure d'environ huit ans à celle des autres citoyens. Statistiquement, leurs enfants sont moins éduqués et deux fois plus susceptibles de mourir pendant l'enfance.
Après avoir longtemps été en tête des sondages, le "oui" est à la traîne depuis que l'opposition conservatrice, dirigée par l'ancien ministre de la Défense Peter Dutton, combat le projet.
Les opposants à la réforme critiquent un bricolage constitutionnel qui créerait des divisions au sein de la société et ne serait pas efficace pour améliorer le sort des communautés autochtones.