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La bande de Gaza, assiégée depuis l'attaque sanglante du Hamas palestinien contre Israël, est menacée d'une "catastrophe humanitaire", au moment où l'armée israélienne se prépare à une offensive terrestre.
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Un million de Palestiniens désespérés ont cherché refuge dans le sud, pris au piège de ce petit territoire sous contrôle du Hamas, coupé du monde depuis dix jours et privé de tout.
Lundi, Israël a affirmé qu'aucune trêve n'était en cours pour permettre l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza, où, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), se profile dans les 24 heures une "vraie catastrophe" humanitaire.
"Il reste 24 heures d'eau, d'électricité et de carburant" à Gaza et si de l'aide n'y entre pas, les médecins n'auront plus qu'à "préparer les certificats de décès", a déclaré à l'AFP, Ahmed Al-Mandhari, directeur de l'OMS pour la Méditerranée orientale basé au Caire.
Soumise à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis plus de 15 ans, la bande de Gaza est placée en état de "siège complet" depuis le 9 octobre par Israël, qui y a coupé les approvisionnements en eau, en électricité et en nourriture.
Et les cadavres s'accumulent. Des résidents ont creusé à l'avance, les uns à côté des autres, des trous dans le sable, placé des briques et des dalles autour et à l'intérieur, pour recevoir des corps. Dans un trou, trois dépouilles d'enfants ont été empilées, faute de pouvoir les mettre ailleurs.
- "Anéantir" le Hamas -
Ripostant à l'attaque d'une ampleur sans précédent lancée le 7 octobre sur son sol par le Hamas, Israël a promis "d'anéantir" le mouvement palestinien et a déclenché une intense campagne de frappes sur le territoire.
Ces frappes de représailles ont tué au moins 2.750 personnes, en majorité des civils palestiniens, dont des centaines d'enfants, selon les autorités locales.
Plus de 1.400 personnes ont été tuées en Israël, la plupart des civils tués le jour de l'attaque, la plus meurtrière depuis la création de l'Etat d'Israël.
"Les civils ne doivent pas avoir à souffrir des atrocités du Hamas", a affirmé le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, revenu lundi en Israël après une tournée dans plusieurs pays arabes,
L'armée israélienne a appelé les habitants du nord de Gaza, soit environ 1,1 million de personnes sur un total de 2,4 millions, à fuir vers le sud de ce micro-territoire de 362 kilomètres carrés coincé entre Israël, la Méditerranée et l'Egypte.
Lundi, des centaines de personnes étaient massées à la frontière avec l'Egypte, dans l'espoir d'une ouverture du point de passage de Rafah. "Cela fait huit jours que nous dormons à la frontière, sans aucune aide", a déclaré Oussama Abou Samhadana, un Egyptien cherchant à renter chez lui avec sa famille.
Un million de personnes, selon l'ONU, ont fui en une semaine vers le sud de la bande de Gaza.
Mais le passage de Rafah contrôlé par l'Egypte est actuellement fermé, et il y a peu d'espoir que ces personnes puissent trouver leur salut de l'autre côté de la frontière.
- "Rester sur leur terre" -
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays doit accueillir samedi un sommet sur la question palestinienne, a affirmé que les habitants de Gaza devraient "rester sur leur terre".
Martin Griffiths, chargé des situations humanitaires d'urgence à l'ONU, a annoncé qu'il se rendrait mardi au Proche-Orient pour "aider aux négociations" sur l'acheminement de l'aide à Gaza.
Celles-ci s'annoncent d'autant plus compliquées que l'armée israélienne continue ses préparatifs avant une offensive terrestre contre Gaza.
"Nous sommes au début d'opérations militaires d'ampleur dans la ville de Gaza", située dans le nord du territoire, a déclaré lundi un porte-parole de l'armée, Jonathan Conricus. "Le prix sera élevé mais nous gagnerons", a affirmé le ministre de la Défense israélien, Yoav Gallant.
Une telle offensive inquiète la communauté internationale qui redoute un embrasement de la région.
Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir lundi soir à New York, et le président américain Joe Biden a annulé un déplacement dans le Colorado pour rester concentré sur la situation en Israël et dans la région.
- "Grave erreur" -
Il a de nouveau appelé au calme, affirmant que l'occupation de Gaza par l'armée israélienne serait "une grave erreur". Israël a occupé Gaza de la guerre 1967 à 2005 et continue d'occuper la Cisjordanie et Jérusalem-Est.
La communauté internationale redoute un débordement du conflit, surtout après la multiplication des échanges de tirs à la frontière israélo-libanaise entre le Hezbollah libanais pro-iranien, un allié du Hamas, et l'armée israélienne.
Israël a commencé à évacuer des milliers d'habitants dans 28 localités du nord après ces accrochages à la frontière.
Le temps presse pour "trouver des solutions politiques" avant que la propagation du conflit ne devienne "inévitable", a averti Hossein Amir-Abdollahian, ministre iranien des Affaires étrangères.
Le 7 octobre à l'aube, en plein Shabbat, le repos juif hebdomadaire, des centaines de combattants du Hamas ont infiltré Israël par la terre et les airs, tuant plus d'un millier de civils et semant la terreur sous un déluge de roquettes. Environ 270 personnes, d'après les autorités, ont été abattues dans un festival de musique.
"J'ai vu des bébés, des femmes et des enfants décapités", a affirmé le rabbin Israel Weiss, l'un des responsables de l'identification des corps. "Jamais de ma vie je n'ai vu de telles horreurs", ajoute le rabbin devant des conteneurs contenant chacun jusqu'à une cinquante de corps enveloppés dans des sacs mortuaires blancs.
Le Hamas, classé organisation "terroriste" par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, a enlevé 199 personnes lors de l'attaque, selon Israël. Le Hamas a fait état de 22 otages tués dans les raids israéliens.
La présence de ces otages sur le sol de Gaza rend plus compliquée encore toute offensive terrestre, une perspective terrifiante de combats au cœur d'une ville à l'extrême densité de population, au sous-sol parsemé de souterrains.