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Un premier convoi d'aide humanitaire, venant d'Egypte, est entré samedi à Gaza, désespérément attendu par ses habitants assiégés qui manquent de tout, avant que des appels à un cessez-le-feu soient lancés lors d'un sommet "pour la paix" organisé par Le Caire.
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L'aide est sortie d'Egypte à bord de 20 camions, selon l'ONU, via le terminal de Rafah, la seule porte de Gaza qui ne soit pas aux mains d'Israël, après un accord annoncé mercredi par le président américain Joe Biden.
La bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis 2007, vit sous un siège total, décrété par Israël deux jours après l'attaque sanglante du mouvement palestinien le 7 octobre, la plus meurtrière jamais lancée sur son sol depuis sa création en 1948.
"Les Gazaouis ont besoin de beaucoup plus, un acheminement massif d'aide est nécessaire" a-t-il ajouté. L'ONU a notamment pointé le besoin de livrer du carburant, vital pour le territoire palestinien où s'entassent quelque 2,4 millions d'habitants.
Le convoi d’aide entré samedi, "composé de vingt camions transportant de l’eau, des conserves et de fournitures médicales, est très en deçà des besoins de la bande de Gaza", a assuré un porte-parole du gouvernement du Hamas, Salameh Maarouf, précisant qu'en temps normal quelque 500 camions passaient chaque jour dans le territoire palestinien, déjà sous blocus israélien depuis 2007.
Plus de 44.000 bouteilles d'eau potable, "juste assez pour 22.000 personnes pendant une journée", ont été acheminées à Gaza, a précisé l'ONU.
La porte du terminal de Rafah, côté égyptien, a été refermée après le passage du convoi, ont indiqué des témoins à l'AFP, alors que des dizaines de bi-nationaux attendent côté palestinien d'être autorisés à gagner l'Egypte.
Plus de 1.400 personnes ont été tuées en Israël par les hommes du Hamas depuis le 7 octobre, en majorité des civils fauchés par balles, brûlés vifs ou morts de mutilations au premier jour de l'attaque menée à partir de Gaza, selon les autorités israéliennes.
- "Conditions catastrophiques" -
Alors que le conflit entre dans sa troisième semaine, les responsables humanitaires ont fait écho à M. Guterres pour appeler à une montée en puissance des livraisons d'aide.
Une urgence, face à des conditions "vraiment catastrophiques" à Gaza, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) et pour "prévenir les décès évitables et réduire les souffrances évitables", a souligné l'Organisation mondiale de la santé.
Plus d'une centaine de camions chargés de tonnes d'aide internationale, dont près d'un millier de tonnes de produits alimentaires d'urgence du PAM sont massés depuis des jours entre l'Egypte et Gaza.
L'ONU a également réitéré samedi son appel à la "libération immédiate et inconditionnelle" de toutes les personnes enlevées par le Hamas, après la libération la veille de deux premiers otages, une mère et sa fille américaines, Judith et Natalie Raanan, via une médiation du Qatar, réputé proche du Hamas.
Le mouvement palestinien, classé terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, détient toujours quelque 200 otages.
- "Message très dangereux" -
Les dirigeants palestinien, jordanien et égyptien réunis en Egypte - aux côtés notamment des dirigeants européens Charles Michel et Josep Borrell - ont pour leur part plaidé pour un "cessez-le-feu" entre Israël et le Hamas et une "solution" à 75 ans de conflit israélo-palestinien.
"Le monde est silencieux" s'est insurgé Abdallah II, y voyant un "message très dangereux" que "le monde arabe entend clairement", sur la valeur des vies palestiniennes par rapport à celle des vies israéliennes. Vendredi, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les pays arabes et musulmans en solidarité avec les Palestiniens.
"Nous ne partirons pas" des terres palestiniennes, a martelé le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, alors que Le Caire et Amman sont vent debout contre l'évacuation des Gazaouis vers le sud de Gaza réclamée par Israël.
L'armée israélienne continuait samedi à se préparer à une offensive terrestre. "Nous obtiendrons, avec foi dans la bataille et détermination, ce qu'il sera nécessaire afin de donner la sécurité à notre peuple" a assuré un officier israélien, Or Volozhinsky, commandant une brigade stationnée près de Gaza.
- Tension à la frontière avec le Liban -
La tension monte aussi au nord d'Israël, à la frontière avec le Liban, qui se vide de ses habitants alors que les accrochages et échanges de tirs se multiplient.
Les Etats-Unis ont déployé deux porte-avions en Méditerranée orientale pour dissuader l'Iran ou le Hezbollah libanais, deux alliés du Hamas, de s'impliquer dans le conflit.
Samedi à l'aube, l'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes aériennes contre des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban, en riposte à des tirs de roquettes et de missiles antichar en direction d'Israël.
Interrogé par l'AFP dans cette zone frontalière où les soldats israéliens sont désormais partout, un appelé réserviste, qui a requis l'anonymat, se dit "prêt à en découdre" car "les Juifs n'ont pas d'autre pays".
La tension en Cisjordanie occupée a aussi fait une nouvelle victime, tuée dans la nuit dans des heurts avec l'armée israélienne près de Jéricho, portant à 84 le nombre de morts palestiniens en Cisjordanie depuis le 7 octobre, selon le ministère palestinien de la Santé.
L'armée israélienne y a effectué à l'aube une descente, dans le village du numéro deux du mouvement islamiste Hamas - exilé au Liban- où elle a arrêté une vingtaine de personnes et interrogé des dizaines d'autres.