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Un drone libanais vient de faire son apparition de l'autre côté de la colline. La radio crache l'information en code militaire mais un bourdonnement suspect a déjà alerté les soldats israéliens. Deux d'entre eux en camouflage complet se tapissent au sol, M-16 pointé vers le ciel.
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Les canons des chars israéliens ainsi que des systèmes d'interception, dont l'armée refuse de donner le détail, entrent en action. Les tirs durent une heure, pendant laquelle tout le bataillon a ordre de rester strictement à couvert.
"C'est comme ça ici, on passe de zéro à cent en quelques secondes", décrit Kamal Saad, 33 ans, commandant du bataillon 299 de l'armée israélienne.
"Nous avons grandi ici, c'est chez nous, on connaît chaque pierre", ajoute-t-il.
"Notre mission est de protéger les forces de sécurité qui opèrent ici et les civils restants", dit à l'AFP le commandant, dont le frère Alim Saad a été tué dans le secteur, le 9 octobre, par un commando du Hezbollah.
Samedi, une partie des hommes du commandant Saad regardent en direct et dans leur langue maternelle, l'arabe, le discours du chef du mouvement chiite, Hassan Nasrallah.
L'unité a été mise en état d'alerte maximale. "La menace peut venir de partout, de la mer, du ciel et des unités terrestres", explique le commandant israélien.
- "Dernière ligne" –
Loin des déluges de roquettes de 2006 lors de la guerre du Liban, l'affrontement est ici fait d'échanges sporadiques mais quotidiens.
Et, pour la première fois de son histoire, tous les civils des localités de la ligne frontalière ont été évacués par l'armée.
Dans un autre secteur de la frontière, vendredi, trois soldats ont été blessés dans une attaque sur la position de Margaliot, près de Kiryat Shmona.
Samedi, la position, clé dans la bataille, était de nouveau visée à la même heure, 10H00, a constaté l'AFP, menée par le panache de fumée blanche, montant à côté de l'antenne israélienne.
A ses pieds, le kibboutz de Kfar Giladi et ses gardiens "de la dernière ligne avant le Hezbollah". Tom Cohen, 28 ans, est revenu d'Australie pour remettre l'uniforme et rejoindre le groupe d'autodéfense de ce village collectiviste agricole où il a grandi.
"Les gens pensaient que le Hezbollah allait tenter de s'infiltrer ici, comme au sud (lors de l'attaque du Hamas le 7 octobre, ndlr) et ils vont peut-être essayer", avance-t-il.
"Mais la menace principale, ce sont les roquettes et les drones d'attaque, comme ce qu'il y a sûrement eu ici ce matin". Il espère qu'"à la seconde" où le Hezbollah ne sera "plus là", la frontière s'ouvrira et qu'il pourra enfin découvrir le pays face auquel il a grandi.
- "Déclaration de guerre" –
De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, répète qu'il ne rentrera dans une guerre que si le Hezbollah le lui impose. Vendredi, lors d'une revue aux troupes près de Gaza, il a déclaré que la mission des troupes déployées en masse au nord se résumait à un mot: "la dissuasion".
Tous les combattants israéliens rencontrés redoutent un affrontement massif.
"Le Hezbollah essaye depuis le deuxième jour de rentrer dans cette guerre et de nous attaquer. Pour moi ces roquettes qu'ils envoient sur les civils, c'est déjà un acte de déclaration de guerre", estime le volontaire Tom Cohen, montrant la stèle qui commémore la mort de 12 soldats en 2006, tués par une roquette au portail du kibboutz.
La guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée par une attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien le 7 octobre, fait craindre un embrasement régional.
Du côté israélien, 1.200 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans l'attaque du Hamas, selon les autorités israéliennes.
En représailles, Israël pilonne la bande de Gaza, dirigée par le mouvement islamiste. Plus de 11.000 personnes, dont au moins 4.500 enfants, ont été tuées, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Dans les affrontements frontaliers entre l'armée israélienne et le Hezbollah, plus de 90 personnes ont péri côté libanais, pour la plupart des combattants de la formation chiite, et au moins huit côté israélien, soit six soldats et deux civils, selon un décompte de l'AFP.