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Après avoir été accueilli en grande pompe par la famille royale britannique, le président sud-coréen Yoon Suk Yeol doit étoffer mercredi à Londres ses accords commerciaux et militaires avec le gouvernement britannique, en pleine montée de tensions avec la Corée du Nord.
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Le lancement mardi de ce que Pyongyang a présenté comme un "satellite militaire" espion est venu rappeler le contexte délicat dans la région, au moment où Londres et Séoul tiennent à afficher leur bonne entente lors d'une visite d'Etat de trois jours du dirigeant sud-coréen.
Yoon Suk Yeol, accompagné de son épouse Kim Keon Hee, a eu droit mardi à tous les honneurs protocolaires de la royauté britannique: cérémonie d'accueil en présence du roi Charles III et de la reine Camilla, avec inspection des troupes et procession en carrosses jusqu'au palais de Buckingham, puis un discours solennel au Parlement et un banquet royal au palais de Buckingham.
"Nos relations bilatérales vont renaître et faire de nous de véritables partenaires stratégiques mondiaux", a-t-il assuré dans la galerie royale du palais de Westminster.
- Coopération technologique et militaire -
Place donc aux négociations et aux affaires mercredi, avec l'ouverture de négociations formelles pour moderniser l'accord de libre-échange signé entre les deux nations en 2019, alors que les échanges commerciaux entre Londres et Séoul ont doublé depuis 2011.
La visite a déjà permis d'engranger des promesses de 21 milliards de livres (24 milliards d'euros) d'investissements coréens au Royaume-Uni, notamment dans les énergies vertes et les infrastructures.
Le président sud-coréen, cité par les médias locaux lors d'un conseil des ministres la semaine dernière, a présenté son déplacement à Londres comme "un tremplin pour approfondir la coopération économique entre les deux pays, en mettant l'accent sur la coopération scientifique et technologique".
Le Royaume-Uni, de son côté, cherche à signer des accords de libre-échange tous azimuts depuis le Brexit, le gouvernement conservateur vantant les nouvelles possibilités permises par la sortie de l'Union européenne.
Il cherche en particulier à renforcer ses liens avec les pays de l'Asie-Pacifique, sur le plan économique mais aussi sécuritaire. Londres a noué cette année un important accord militaire avec Tokyo, considéré comme un moyen de répondre aux ambitions croissantes de la Chine dans la région.
Le nouveau chef de la diplomatie David Cameron a ainsi défendu mardi devant le Parlement l'adhésion de Londres au partenariat de libre-échange transpacifique, y vantant "un âge de forte croissance dans la région" : "Les pays de l'indo-pacifique devraient apporter la majorité de la croissance mondiale entre maintenant et 2050", a-t-il souligné.
Au-delà des relations économiques, le président sud-coréen et le Premier ministre britannique Rishi Sunak doivent signer mercredi un "accord de Downing Street" sur la technologie, la défense et la sécurité, portant notamment sur les domaines hautement stratégiques de l'intelligence artificielle et des semi-conducteurs.
Concernant la coopération militaire, Londres et Séoul veulent renforcer leurs exercices communs et prévoient la participation de navires britanniques à des patrouilles veillant au respect des sanctions visant la Corée du Nord.
"Le Royaume-Uni montre la voie en soutenant nos amis coréens dans leur lutte contre l'attitude agressive de la Corée du Nord et en garantissant la sûreté et la sécurité de la région indo-pacifique", a déclaré mardi le ministre britannique de la Défense Grant Shapps dans un communiqué.