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Après avoir savouré sa victoire électorale aux Pays-Bas, le responsable politique d'extrême droite et islamophobe Geert Wilders a entamé vendredi le processus formel de construction d'une coalition gouvernementale, un processus qui s'annonce particulièrement houleux.
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Le Parti de la Liberté (PVV) de M. Wilders a remporté 37 sièges des 150 sièges de la chambre basse, selon des résultats presque complets. Un score inattendu pour l'homme politique âgé de 60 ans, à la célèbre chevelure peroxydée, mais qui ne lui assure pas pour autant le poste de Premier ministre.
M. Wilders s'était à l'issue du scrutin dit en faveur d'une coalition majoritaire rassemblant le Nouveau Contrat Social (NSC, 20 sièges) du pro-réformateur Pieter Omtzigt, le Mouvement agriculteur-citoyen (BBB, 7 sièges) et la formation de centre droit Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD, 24 sièges).
M. Wilders devrait pouvoir compter sur le BBB. Mais juste avant le début de discussions au Parlement vendredi, la nouvelle cheffe de file du VVD Dilan Yeşilgöz a déclaré que son parti, au pouvoir depuis 13 ans, n'avait plus sa place dans l'exécutif.
"Avec une perte de dix sièges, l'électeur a envoyé un signal clair au VVD", a déclaré Mme Yeşilgöz.
Novice sur la scène politique, Pieter Omtzigt, du nouveau parti anti-corruption NSC, s'est dit "disponible" pour des négociations tout en concédant que le processus ne serait "pas facile".
M. Wilders a atténué pendant la campagne sa rhétorique islamophobe et anti-immigration incendiaire, mais le manifeste du PVV appelle à l'interdiction des mosquées et du Coran, ainsi qu'à un référendum sur la sortie de l'Union européenne.
Il a souvent réitéré sa volonté de faire des compromis sur certaines de ses positions les plus dures et assuré qu'il serait "Premier ministre de tous les Néerlandais".
- 'Constructive' -
Mme Yeşilgöz avait brisé un tabou de longue date en s'affirmant lors de la campagne ouverte à une coalition avec le parti d'extrême droite si elle remportait les élections. Pour des analystes, cela a contribué à la victoire électorale du PVV.
Elle a juste avant le scrutin rejeté l'idée de rejoindre un gouvernement dirigé par M. Wilders, mais était suite au résultat électoral restée évasive.
En général, les cabinets s'appuient sur la majorité de la chambre basse (76 sièges) lors de leur formation. Mais le système politique néerlandais fragmenté signifie qu'il faut souvent quatre partis, voire plus, pour atteindre ce chiffre.
Une autre option, rare, est un gouvernement minoritaire qui doit toujours essayer de trouver une majorité parlementaire pour ses propositions.
"Gouverner n’est donc pas un choix évident" pour le VVD, a souligné Mme Yeşilgöz vendredi. Mais promettant de ne pas "fuir ses responsabilités", elle a promis de "soutenir de manière constructive un cabinet de centre droit avec de bonnes mesures", toutefois en agissant depuis "la Chambre".
"Un gouvernement majoritaire à droite n’est pas possible" si le VVD s’en tient à cette décision de ne pas en faire partie, a estimé Albert Bos, journaliste politique de la radiodiffusion publique NOS.
Les dirigeants de la communauté musulmane néerlandaise ont exprimé leurs craintes après la victoire de M. Wilders, mais des musulmans se veulent pragmatiques.
"Je pense qu'il mérite une chance", a déclaré à l'AFP dans un café d'Amsterdam Burak Cen, un chauffeur de taxi âgé de 40 ans.
M. Wilders "essaie simplement d'attirer des voix avec sa propagande sur les mosquées et les musulmans", pense M. Cen. "Mais sinon, ce qu'il dit sur les Néerlandais et la pauvreté est juste".
Scandant "vous n'êtes pas seuls", des manifestants se sont rassemblés jeudi à Utrecht (Ouest) et Amsterdam pour protester contre la victoire électorale surprise de M. Wilders. Un autre rassemblement est prévu vendredi.