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L'indignation grandit vendredi en Irlande après les émeutes de la veille à Dublin, dont les auteurs, proches de l'extrême droite selon les autorités, "font honte à l'Irlande", selon son Premier ministre Leo Varadkar.
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Pendant plusieurs heures jeudi soir, environ 500 émeutiers, selon le gouvernement, ont incendié des véhicules, pillé et saccagé des commerces et affronté la police, dans un quartier du centre de Dublin où vit notamment une population immigrée.
Ces violences ont éclaté après qu'un homme armé d'un couteau a agressé plusieurs personnes en début d'après-midi près d'une école à Dublin, faisant cinq blessés, dont une institutrice et trois enfants. Egalement blessé, l'agresseur a été arrêté sur place, notamment grâce à l'intervention d'un livreur brésilien.
Selon le quotidien Irish Times, il s'agirait d'un homme ayant été naturalisé vivant dans le pays depuis 20 ans.
La police a simplement dit qu'il était âgé d'une cinquantaine d'années, et a exclu à ce stade un motif terroriste sans pour autant préciser ses motivations.
Les émeutiers "affirment défendre les ressortissants irlandais", mais "ils font honte à Dublin, honte à l'Irlande", a fustigé vendredi matin le Premier ministre, Leo Varadkar.
Sur O'Connell Street, dans le centre de la capitale la vie reprenait son cours vendredi, malgré les dégâts encore visibles, dont des commerces aux vitrines brisées, et les carcasses des véhicules brûlés ont été enlevées, a constaté un journaliste de l'AFP.
"J'étais là même si je n'ai pas participé" aux violences, témoigne Robbie Hammond, coach sportif de 28 ans. "Je ne pouvais pas en croire mes yeux... c'était plus que du vandalisme et beaucoup de colère", ajoute-t-il.
Fergal McSkane, 40 ans qui travaille dans le secteur social dit avoir "vu venir" cette explosion de violence, avec le ressentiment croissant contre les réfugiés. Ce sont "des personnes vulnérables qui accusent d'autres personnes vulnérables", ajoute-t-il.
- Inédit depuis des "décennies" -
La police irlandaise a annoncé avoir arrêté 34 personnes. 32 ont comparu vendredi matin, devant la justice, qui a imposé à une partie d'entre eux un couvre-feu, selon des médias irlandais.
Déplorant "une extraordinaire explosion de violence" et des scènes inédites "depuis des décennies", le responsable de la police irlandaise Drew Harris avait affirmé plus tôt craindre de nouvelles violences.
Un discours anti-immigration s'est largement développé ces dernières années en Irlande, avivé notamment par la crise du logement. Plusieurs manifestations ont eu lieu dans le pays ces derniers mois contre des projets d'hébergement pour demandeurs d'asile.
Selon des chiffres officiels, les demandes d'asile ont été multipliées par plus de 5 en 2022 par rapport à 2021.
- "Manipulation" et "haine" -
Lors des violences de jeudi soir, certains émeutiers ont brandi des pancartes "Irish Lives Matter" ("les vies irlandaises comptent") et des drapeaux irlandais.
Un discours aussi relayé par la star irlandaise du MMA, Conor McGregor, suivie par des millions de personnes sur les réseaux sociaux. "Nous ne perdrons pas davantage de nos femmes et de nos enfants par (l'action de) personnes malades et tordues qui ne devraient même pas être en Irlande pour commencer", a-t-il affirmé sur X (ex Twitter).
Le vice-premier ministre Micheal Martin a lui mis en cause ceux qui ont "manipulé" l'attaque contre les enfants "pour organiser" les violences de jeudi soir.
Et il a souligné qu'un homme qui s'était interposé lors de l'attaque au couteau était "un livreur Deliveroo brésilien".
L'association Irish Refugee Council a exprimé sur X sa "sympathie la plus profonde" aux victimes de l'attaque et sa "solidarité inébranlable" envers les réfugiés et demandeurs d'asile, dénonçant "la manipulation, la haine et la violence".
L'association contre le racisme INAR a aussi fustigé "les manipulateurs et les opportunistes" qui "profitent de cette période difficile" pour "semer le chaos".
Parmi les victimes poignardées, une petite fille de cinq ans reste "dans un état critique", tandis que l'institutrice est "dans un état grave", selon la police.
Des bouquets de fleurs ont été déposés devant l'école où a eu lieu l'attaque, et la police était toujours sur place vendredi.