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"Nous ne voulons plus compter les mortes": des milliers de personnes, dont beaucoup portaient une touche de violet, la couleur du féminisme, ont manifesté samedi à Paris et dans les grandes villes contre les violences faites aux femmes, en réclamant au gouvernement des moyens supplémentaires.
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Pour cette Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, associations féministes et syndicats ont appelé à manifester dans toute la France pour une meilleure protection des femmes victimes de violences.
La "persistance de la violence faite aux femmes n'est pas une fatalité", "nous devons y mettre fin et nous allons le faire", a déclaré le président de la République dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux samedi matin.
Il a énuméré les actions déjà mises en place (élargissement des horaires du 3919, mise en place d'une plateforme numérique d'accompagnement, facilitation du dépôt de plainte, augmentation du nombre d'enquêteurs dédiés, déploiement de "téléphones grave danger" et de "bracelets danger immédiat", création de places d'hébergement d'urgence) et s'est félicité d'efforts "qui ont porté leurs fruits".
"Les réformes à la marge ne suffisent pas", a déclaré samedi lors d'un point presse Maëlle Lenoir, de la coordination nationale du collectif Nous toutes. Le collectif évalue à "plus de 2 milliards d'euros" le montant requis pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes.
- "Eduquez vos garçons" -
Même chiffre avancé par Sophie Binet, numéro une de la CGT, qui s'exprimait au nom de l'intersyndicale aux côtés de Marylise Léon, à la tête de la CFDT, avant le début de la manifestation: "Nous demandons des moyens financiers, 2 milliards d'euros, pour avoir une politique globale contre les violences sexuelles et sexistes, au travail et dans la vie" quotidienne.
Le mouvement Grève féministe avait appelé lui aussi à se joindre aux rassemblements sur le territoire.
Sur TF1, la députée LFI Clémentine Autain a estimé qu'il faudrait "entre deux et trois milliards" d'euros, "soit l'équivalent de l'impôt sur la fortune qu'a supprimé Emmanuel Macron".
"Nous ne voulons plus compter nos mortes", a martelé Maëlle Lenoir. "Nous ne voulons plus avoir à manifester".
En 2022, 118 féminicides ont été recensés, un chiffre quasi stable par rapport à 2021, selon les chiffres officiels. Sur les 11 premiers mois de 2023, les associations féministes ont répertorié 121 féminicides.
Des marches se déroulaient dans plusieurs villes en France: plusieurs centaines de personnes à Lyon et à Strasbourg, environ 200 à Lille etc. Beaucoup de femmes mais aussi des hommes. Et partout, la couleur violet dominait les cortèges -- couleur du féminisme dans plusieurs pays.
Sur les pancartes: "Protégez vos filles, éduquez vos fils" (Lyon), "Céder n'est pas consentir" et "En France, un viol toutes les 6 minutes" (Lille), "On ne nait pas femme mais on en meurt", "Danser sans être droguée", "Quand je sors, je veux être libre, pas courageuse" (Strasbourg).
Dans le cortège de Strasbourg, Léonore Maunoury, 22 ans, voudrait "qu'il se passe quelque chose quand on dénonce les faits". "Les violences sexuelles sont difficiles à prouver, il y a beaucoup de classements sans suite. La justice n’est pas adaptée", regrette la jeune femme.
A Nantes, des femmes se sont rassemblées autour d'un (faux) cercueil peint en rouge, muni d'une fente, dans laquelle elles ont glissé des affichettes imprimées du mot "Féminicide", en égrénant les noms de femmes tuées par un homme.
La guerre Israël Hamas s'est invitée dans la manifestation parisienne: on y trouve quelques drapeaux palestiniens. Et un peu plus loin, des pancartes proclamant "Le Hamas viole".