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Arrêté samedi après avoir tué à Paris un touriste allemand d'origine philippine à coups de couteau et s'en être pris armé d'un marteau à deux autres personnes, dont un Britannique, Armand Rajabpour-Miyandoab, jeune Franco-Iranien, était connu de la justice pour son islamisme radical et ses troubles psychiatriques.
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Né à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, de parents réfugiés iraniens, l'homme de 26 ans avait déjà été interpellé en 2016 pour un projet d'attaque visant le quartier d'affaires de la Défense.
Alors étudiant en biologie, il avait formé le projet de rejoindre le groupe Etat islamique en zone irako-syrienne et entretenait des contacts avec "trois terroristes récidivistes", d'après le tribunal de Paris qui l'a jugé en mars 2018. Avant, "il n'avait jamais fait parler de lui" et n'avait aucune mention au casier judiciaire.
"Les premiers mois étaient encourageants", il semblait s'être "détaché de la religion" après sa remise en liberté, selon une source sécuritaire.
Samedi, peu après 21H00, près du pont Bir Hakeim et de la Tour Eiffel, il a crié "Allah Akbar" à plusieurs reprises, selon le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.
- "Plus musulman" -
Armand Rajabpour-Miyandoab s'est "intéressé" à l'islam en 2014 puis converti après avoir rencontré en 2015 un jihadiste, Maximilien Thibaut, par l'intermédiaire d'un site de graffitis, selon la justice. Il se définissait comme "salafiste", selon un de ses amis de lycée, qui l'a dépeint en 2016 comme "clairement pour l'idéologie de l'organisation de l'Etat islamique".
"Son besoin de repères" avait accéléré la radicalisation, estimait au cours de l'enquête en 2017 un psychologue l'ayant suivi, "l'Etat islamique lui donnant notamment des critères directifs de son mode de vie". Fini la musique, les amis... jusqu'à devenir "un promoteur de l'idéologie jihadiste" en 2015.
Dans un décret de naturalisation publié au Journal officiel en 2002, il est présenté avec le prénom "Iman", mais dans la sphère jihadiste il se faisait appeler "Amine" et demandait à ses parents de l'appeler ainsi.
Lors de son interpellation en 2016 à Puteaux (Hauts-de-Seine), il affirme pourtant: "Je me suis radicalisé et auto-déradicalisé". "Je ne suis plus musulman mais je m'intéresse quand même à ce qu'il se passe là-bas". Pour la justice, ce processus de déradicalisation apparait "fragile": en juin 2016 encore, le jeune homme faisait des recherches en ligne sur "des bombes au phosphore" ou encore sur Adel Kermiche, assassin du père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).
Confrontré à ses contradictions, il reconnaît en 2016 avoir "encore des idées noires" - "l'attentat de Nice ne (lui) a pas déplu" - et estimait avoir "besoin d'un suivi". Au procès en 2018, sa mère le dit "manipulé" et confiait avoir très mal vécu sa conversion à l'islam. Sa soeur aînée parle de sa "timidité maladive".
Dissimulation ? En 2020, selon le magazine L'Obs, il s'était présenté au commissariat après l'assassinat du professeur Samuel Paty pour signaler qu'il avait échangé avec l'assaillant Abdoullakh Anzorov sur les réseaux sociaux deux semaines plus tôt. Il ne sera pas poursuivi à l'issue de sa garde à vue, au cours de laquelle il avait affirmé être devenu "anti islamistes radicaux ou non-radicaux" après son passage en prison.
Toutefois, cet homme à la personnalité "très influençable", "très instable", suscitait à nouveau des inquiétudes depuis le printemps-été 2022, selon la source sécuritaire.
Après son arrestation samedi soir, il a déclaré aux policiers "qu'il en voulait à ce qu'il se passait à Gaza, que la France serait complice de ce que faisait Israël. Il aurait dit qu'il en avait marre de voir des musulmans mourir, tant en Afghanistan qu'en Palestine", a précisé M. Darmanin.
"L'actualité récente pourrait l'avoir fait décompenser", juge la source sécuritaire.
Les enquêteurs vont aussi se pencher sur son suivi médical.
En mars 2022 il avait arrêté son traitement médicamenteux (neuroleptique), en accord avec son médecin, selon une source proche de l'enquête. Mais en août 2022, une expertise psychiatrique avait conclu à une injonction de soins, ce qui avait été ordonné le septembre de la même année par un juge, selon la même source.
Dans ses rapports successifs, le médecin coordonnateur n'avait pas conclu à la nécessité de reprendre un suivi médicamenteux. Le 21 avril dernier, il notait "aucune dangerosité d’ordre psychiatrique identifiée".
Armand Rajabpour-Miyandoab avait, par ailleurs, une "activité numérique importante".
Très peu de temps avant son attaque, de façon "quasi concomitante", une vidéo de revendication de son acte a été postée sur les réseaux sociaux dans laquelle il évoque notamment "l'actualité, le gouvernement ou le meurtre de musulmans innocents". Sur cette vidéo, il porte un bonnet noir, des lunettes de soleil noires, une longue barbe noire et un masque chirurgical. Il s'y exprime en arabe.