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Les centrales d'"enrobé bitumineux à chaud" qui vont produire les quelque 500.000 tonnes de revêtement de la future autoroute A69 entre Toulouse et Castres cristallisent l'inquiétude dans les villages proches du tracé, suscitant une nouvelle controverse autour du projet.
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Depuis le début de l'automne, des collectifs citoyens naissent pratiquement au rythme d'un par semaine et ils sont désormais près d'une dizaine dans une zone de quelques kilomètres, entre Tarn et Haute-Garonne.
Ils réunissent agriculteurs, parents d'élèves, et plus largement villageois soucieux, vivant près du tracé de la future A69, et plus particulièrement des deux "usines à bitume", comme elles sont plus communément appelées, qui vont s'installer fin 2024 à Puylaurens et Villeneuve-Lès-Lavaur (Tarn) pour produire le revêtement de l'autoroute contestée.
Leur inquiétude concerne la pollution que peuvent générer ces installations et ses effets sur la santé et l'environnement.
"Près de 4.300 enfants sont scolarisés à moins de 10 km de ces usines" or "les enfants sont particulièrement vulnérables aux COV (composés organiques volatiles) rejetés dans les fumées de ces usines", estime ainsi "Lauragais sans bitume".
Oxyde d'azote, monoxyde de carbone, dioxyde de soufre, benzène font partie des substances potentiellement rejetées dans les fumées de ces centrales selon Régis Lux, l'un des fondateurs du collectif qui pointe dans cette liste des produits "cancérigènes" ou "mutagènes".
- "Si on nous rajoute ça" -
"On a les aléas climatiques, les problèmes économiques, si on nous rajoute ça, c'est trop dur", dit-elle.
Réunions publiques et pétitions s'organisent. Et samedi, une manifestation "contre l'A69 et le monde du bitume" doit avoir lieu près de Castres, dans la lignée d'une contestation de cette autoroute contre laquelle les mobilisations se succèdent depuis plusieurs mois. Face à cela, le groupe de BTP NGE en charge du chantier tente d'apaiser.
"Il n'y a pas de sujet", assure à l'AFP Hans Stoufs, directeur des travaux. "J'ai des salariés qui manipulent tous les jours ces produits, respirent les vapeurs, si c'était si dangereux que ça, ça se saurait. Mes gars, c'est pas des rats de laboratoire", dit-il.
Les fumées ? "Essentiellement de la vapeur d'eau plus quelques composés volatiles, émis après filtrage et dépoussiérage, ils sont réglementés, contrôlés et on s'assure qu'il n'y ait pas dépassement des seuils" imposés, précise M. Stoufs.
Insuffisant, répondent les habitants. "Je trouve aberrant qu'aujourd'hui on n'arrive pas à nous dire: voilà des études ont été faites sur la toxicité et non il n’y en a pas", avance Sandrine Labrousse, mère de deux filles scolarisées dans l'école qui sera la plus proche d'une des usines.
"Qu'ils arrêtent de nous enfumer!", demande Maéva Jardin, s'appuyant sur l'expérience d'autres riverains, comme ceux de la centrale toute proche de Gragnague dont les nuisances olfactives ont conduit le préfet de Haute-Garonne à prendre un arrêté de demande de remise aux normes.
- "Parfaitement conformes" -
Dans ce contexte tendu, l'Etat veut "apporter des garanties à la population", affirme à l'AFP Yasser Abdoulhoussen, directeur du projet A69 à la préfecture du Tarn qui se voit en "police des centrales à enrobé".
Ce mercredi, elle a d'ailleurs communiqué sur la qualité de l'air autour d'une autre centrale d'enrobage contestée du département, soulignant qu'elle était "conforme à la réglementation en vigueur relative à la protection de la santé".
Pour les usines de l'A69, "au regard de ce que le concessionnaire a pu déclarer comme données techniques (...), elles sont parfaitement conformes à la réglementation et ne présentent donc pas de danger pour la population", assure M. Abdoulhoussen.
Il affirme comprendre des "questionnements" légitimes mais juge aussi que "certaines personnes" ont pu "instrumentaliser le sujet des centrales".
Il espère en tout cas "ramener tout ça à une certaine réalité", grâce à des réunions publiques faisant appel à des "experts indépendants" pour "faire oeuvre de pédagogie". Une première rencontre est envisagée le 21 décembre à Saint-Germain-des-Près, commune tarnaise la plus proche d'une des futures usines.