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Les dirigeants de l'UE ont décidé jeudi à Bruxelles d'ouvrir des négociations d'adhésion avec l'Ukraine, en dépit de l'opposition affichée du Premier ministre hongrois Viktor Orban qui n'a finalement pas usé de son droit de veto.
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"C'est une victoire pour l'Ukraine, pour toute l'Europe, une victoire qui motive, inspire et rend plus fort", a immédiatement lancé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, tandis que la Maison Blanche saluait une "décision historique".
Si le processus sera long, la symbolique est forte pour ce pays en guerre depuis le 24 février 2022, date du début de l'invasion russe.
Pour le président du Conseil européen Charles Michel, cette décision d'ouvrir des négociations avec l'Ukraine, mais aussi avec la Moldavie, est "un signal clair d'espoir pour les citoyens de ces pays et pour notre continent".
La décision a été prise sans aucune opposition. Le dirigeant hongrois "n'était pas dans la salle quand le texte a été adopté, c'était convenu avec lui", a expliqué à l'AFP un diplomate européen ayant requis l'anonymat. "C'est une solution pragmatique (…) Le signal politique est donné", a-t-il poursuivi.
Le chancelier allemand Olaf Scholz a salué "un signe fort de soutien" à l'Ukraine qui offre "une perspective" à ce pays. Le président français Emmanuel Macron a évoqué une "réponse logique, juste et nécessaire" aux aspirations de son peuple.
- Prochain enjeu: l'aide financière -
Quelques heures plus tôt, M. Orban avait martelé son refus d'accepter cette étape. "Il n'y a aucune raison de discuter quoi que ce soit, car les conditions n'ont pas été remplies", avait-il lâché, combatif, dès le début du sommet.
Le dirigeant nationaliste hongrois s'oppose par ailleurs toujours à un soutien budgétaire européen de 50 milliards d'euros pour l'Ukraine.
Volodymyr Zelensky attendait, tout comme des millions d'Ukrainiens, un signal d'encouragement des Européens, au moment où les signaux négatifs venus de Washington se multiplient.
Depuis des semaines les nuages s'accumulent au-dessus de l'Ukraine: sa contre-offensive militaire n'a pas produit de percée décisive et l'aide occidentale, indispensable à l'effort de guerre, est bloquée.
Au moment même où débutait le sommet crucial de Bruxelles, Vladimir Poutine affichait par contraste sa confiance dans une victoire de Moscou. "Pratiquement sur toute la longueur de la ligne de contact, nos forces armées améliorent leurs positions", a affirmé le président russe.
"Si Poutine gagne en Ukraine, il y a un risque réel que son agression ne s'arrête pas là", avait averti de son côté le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg, à l'unisson de plusieurs dirigeants européens.
La Hongrie réclame de l'UE qu'elle débloque tous les fonds lui revenant mais qui ont été gelés en raison de manquements à l'Etat de droit.
Elle a obtenu mercredi le déblocage de dix milliards d'euros, après une décision de la Commission européenne qui a provoqué la colère d'eurodéputés. Plusieurs d'entre eux ont dénoncé la faiblesse de Bruxelles face au "chantage" du Premier ministre hongrois.
De son côté, la présidente moldave Maia Sandu s'est elle aussi félicitée de la décision des Vingt-Sept.
"C'est une victoire pour nous tous (...), une nouvelle page de notre histoire. Il y a deux ans, personne n'aurait imaginé" un tel scénario, a-t-elle réagi sur Facebook, alors que cette ex-République soviétique s'est résolument tournée vers l'UE depuis son élection fin 2020.
L'UE a également décidé d'accorder le statut de pays candidat à la Géorgie et d'ouvrir, sous conditions, des négociations d'adhésion avec la Bosnie-Herzégovine.
La présidente géorgienne, Salomé Zourabichvili, a immédiatement salué cette décision. "Cette journée marque une immense étape pour la Géorgie et notre famille européenne", a-t-elle dit sur les réseaux sociaux, jugeant que la "volonté inébranlable" du peuple géorgien s'était exprimée.
Les Vingt-Sept ont par ailleurs approuvé un 12e paquet de sanctions contre Moscou, qui comprend notamment l'interdiction des importations de diamants russes dans l'UE, et vont aussi prendre des mesures pour améliorer l'efficacité des sanctions concernant le pétrole russe.