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De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé mardi la bande de Gaza, malgré d'insistants appels à épargner les civils dans le territoire palestinien assiégé et les risques d'un embrasement du conflit en mer Rouge.
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Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait se prononcer sur un nouveau texte appelant à une "cessation urgente et durable des hostilités" à Gaza, déclenchées par l'attaque sanglante menée le 7 octobre par le Hamas sur le sol israélien.
Les Etats-Unis, alliés historiques d'Israël, avaient opposé leur veto à de précédentes tentatives mais ont aussi critiqué les frappes israéliennes "aveugles".
Ces attaques constituent une "menace" pour le commerce international, a déclaré mardi le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin.
Les Houthis se sont dits mardi déterminés à poursuivre leurs attaques en dépit de l'annonce la veille par les Etats-Unis de la formation d'une coalition internationale pour y faire face, qui comprend notamment la France et le Royaume-Uni.
De nombreux géants du transport maritime ont déjà annoncé suspendre tout transit en mer Rouge, à cause de ces attaques concentrées sur le détroit stratégique de Bab al-Mandeb, qui sépare la péninsule arabique de l'Afrique.
- "Un enfer vivant" -
Israël a promis de détruire le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, après l'attaque du 7 octobre qui a fait environ 1.140 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir des derniers chiffres officiels israéliens.
Quelque 250 personnes ont été prises en otage, dont 129 sont toujours retenues à Gaza, selon les autorités israéliennes.
L'armée israélienne a annoncé la mort de 131 soldats depuis le début de ses opérations au sol le 27 octobre, venues s'ajouter à sa campagne de frappes aériennes.
Dans la bande de Gaza, 19.667 personnes, en majorité des femmes, des enfants et des adolescents, ont été tuées par les bombardements israéliens, a annoncé mardi le ministère de la Santé du Hamas.
Durant la nuit, des frappes ont de nouveau visé Rafah et Khan Younès, dans le sud, ainsi que le centre de Gaza, selon des correspondants de l'AFP.
Mardi, 20 Palestiniens ont été tués dans un bombardement à Rafah, selon le Hamas. Parmi eux se trouvaient quatre enfants ainsi qu'un journaliste, Adel Zorob, et sa famille.
Dans cette ville frontalière avec l'Egypte, qui abrite des dizaines de milliers de réfugiés ayant fui les combats plus au nord, des rescapés fouillaient au matin les décombres d'un immeuble effondré.
"Il n'y a pas d'endroit sûr. Aucun. Nous sommes des déplacés de la ville de Gaza. Nous sommes venus ici, nos maisons ont été détruites mais partout à Gaza, il y a des bombardements", a raconté à l'AFP Jihad Zorob, sa petite fille sur les genoux.
"Aujourd'hui, les Palestiniens sont contraints de se réfugier dans des zones de plus en plus petites (...) tandis que les opérations militaires continuent de s'approcher de plus en plus", a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk.
"Ils sont piégés dans un enfer vivant", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il n'y a "plus d'endroit où aller à Gaza".
L'armée a par ailleurs annoncé mardi avoir découvert des explosifs disposés dans un centre médical de Choujaiya, dans la banlieue de la ville de Gaza, détruit des tunnels du Hamas et tué des cadres du mouvement, lors de récentes opérations.
En Israël, les sirènes ont retenti à Tel-Aviv, signalant des tirs de roquettes du Hamas depuis Gaza, qui se sont abattues sur le centre du pays.
La guerre a plongé la bande de Gaza, soumise par Israël à un siège total depuis le 9 octobre, dans une profonde crise humanitaire, mis hors service la plupart des hôpitaux, entraîné des destructions considérables et le déplacement de 85% de la population, soit 1,9 million de personnes selon l'ONU.
Beaucoup d'habitants ont dû fuir à plusieurs reprises, survivant à l'arrivée de l'hiver dans des camps de fortune, sans électricité, où l'eau, la nourriture, les médicaments et le carburant manquent, où les épidémies menacent.
"La vie est triste, plus triste que vous ne pouvez l'imaginer, il n'y a pas de chaleur, quand vous êtes loin du feu et entrez dans la tente qui est couverte de gouttes de rosée, sans couvertures, sans matelas", a raconté à l'AFP un homme installé dans un camp de Rafah, où sont alignées des centaines de tentes blanches.
- "Un cessez-le-feu durable" -
Face au lourd bilan humain, les appels à l'apaisement se multiplient.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, doit ainsi rencontrer mardi ses homologues français et italien, pour appeler de nouveau à "un cessez-le-feu durable", ont annoncé ses services.
En visite lundi à Tel-Aviv, le secrétaire américain à la Défense a annoncé que les Etats-Unis allaient continuer à fournir "l'équipement" militaire nécessaire à l'armée israélienne et que Washington ne souhaitait pas "imposer un calendrier" à son allié.
Initialement prévu lundi, le vote du Conseil de sécurité a été reporté à mardi pour permettre de plus amples négociations autour du projet de résolution préparé par les Emirats arabes unis, et éviter une nouvelle impasse.
En parallèle, des tractations se poursuivent pour la mise en œuvre d'une nouvelle trêve. La précédente, du 24 novembre au 1er décembre, avait permis la libération de 105 otages à Gaza, dont 80 en échange de 240 Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes.
"Le Hamas est prêt à un échange de prisonniers, mais après un cessez-le-feu", a déclaré mardi un responsable du mouvement islamiste.
Israël est opposé à un cessez-le-feu immédiat qui, selon lui, laisserait le contrôle de la bande de Gaza au Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël notamment.