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L'armée israélienne poursuit mercredi ses frappes dans la bande de Gaza assiégée, où la guerre contre le Hamas pourrait durer encore de "nombreux mois" en dépit des appels à un cessez-le-feu en vue d'acheminer une aide humanitaire cruciale pour les civils du territoire palestinien.
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Près de trois mois après le début de la guerre, déclenchée par une attaque sanglante lancée le 7 octobre par le mouvement islamiste palestinien en Israël, les Nations unies ont annoncé mardi soir la nomination de la Néerlandaise Sigrid Kaag au poste de coordinatrice de l'aide humanitaire et de la reconstruction à Gaza.
Malgré la résolution, aucune avancée significative sur l'entrée de l'aide humanitaire n'a été réalisée ces derniers jours et les négociations autour d'une trêve semblent être au point mort.
Sur le terrain, les combats ne connaissent aucun répit. Des témoins ont fait état de frappes et de combats au sol à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, mais aussi de bombardements intenses sur les camps de réfugiés d'al-Maghazi et d'al-Boureij, dans le centre.
Dans le nord du territoire palestinien, de violents affrontements ont eu lieu à l'aube dans le quartier de cheikh Radwan, dans la ville de Gaza, et dans la ville de Jabaliya.
Israël a juré de détruire le Hamas après l'attaque menée par des commandos infiltrés depuis Gaza, qui a fait environ 1.140 morts, la plupart des civils, selon des chiffres officiels israéliens. Environ 250 personnes ont été enlevées, selon Israël, dont 129 restent détenues à Gaza.
Par ailleurs, 164 soldats israéliens ont été tués depuis le début de l'offensive terrestre le 27 octobre, selon les derniers chiffres de l'armée.
- "Se débarrasser des Palestiniens" -
Dans les opérations militaires israéliennes de représailles à Gaza, 20.915 personnes, dont une majorité de civils, ont été tuées et 54.918 blessées, selon le ministère de la Santé du Hamas, une organisation classée terroriste par les Etats-Unis, Israël et l'Union européenne
Mardi, des corps de Palestiniens, remis par Israël, ont été transportés dans un camion vers une fosse commune à Rafah, dans le sud, où ils ont été enterrés, selon un journaliste de l'AFP sur place.
"Nous avons reçu un conteneur avec un grand nombre de martyrs. Certains étaient des corps complets, tandis pour d'autres c'étaient des restes humains", a déploré Marwan al-Hams, chef du comité d'urgence sanitaire à Rafah.
"Le plan de Netanyahu est de se débarrasser des Palestiniens et de l'Autorité palestinienne", a accusé mardi soir son président, Mahmoud Abbas, sur la chaîne de télévision égyptienne ON.
"Ce qui se passe sur le sol palestinien ces jours-ci va au-delà d'une catastrophe et d'un génocide", a-t-il ajouté.
"Notre peuple n'a pas été témoin d'une telle guerre, même pendant la Nakba de 1948", a-t-il encore dit, en référence à la "catastrophe" que les Palestiniens associent à la création de l'Etat d'Israël en 1948, après laquelle 760.000 d'entre eux ont été contraints à l'exode pendant la première guerre israélo-arabe.
- Efforts diplomatiques -
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé plus tôt cette semaine une "intensification" des frappes sur Gaza, où les télécommunications étaient encore coupées tôt mercredi.
Et le conflit "durera encore de nombreux mois", a prévenu mardi le chef d'état-major de l'armée Herzi Halevi, soulignant que ses objectifs "ne sont pas faciles à atteindre".
Alors qu'en Israël, les familles des otages vivent dans l'angoisse, le ministre israélien des Affaires stratégiques Ron Dermer s'est entretenu mardi soir avec Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, de la libération d'otages, ainsi que d'une "différente phase" de la guerre, plus ciblée contre des chefs du Hamas, et du déploiement de l'aide à Gaza.
De son côté, l'émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, dont le pays avait mené une médiation ayant permis une trêve fin novembre, s'est entretenu dans la nuit avec le président américain Joe Biden.
Les deux dirigeants ont discuté des efforts nécessaires "pour apaiser la situation et arriver à un cessez-le-feu permanent", a affirmé la diplomatie qatarie dans un communiqué.
La France s'est dite mardi "gravement préoccupée" par l'intensification des combats et a appelé "avec force" à "une trêve immédiate" conduisant à un cessez-le-feu.
- Risque d'une extension -
Fin novembre, une trêve d'une semaine avait permis la libération de 105 otages contre 240 prisonniers palestiniens, et l'entrée à Gaza d'un important volume d'aide.
Mais les efforts des médiateurs, surtout égyptien et qatari, n'ont jusque-là pas permis de parvenir à une nouvelle pause humanitaire.
Au-delà de Gaza, le spectre d'une extension du conflit plane toujours.
En Cisjordanie occupée, un raid israélien a fait tôt mercredi six morts et de nombreux blessés dans le secteur de Tulkarem, selon le ministère palestinien de la Santé.
Au total, plus de 300 Palestiniens de Cisjordanie ont été tués par des soldats et dans certains cas des colons israéliens depuis le début de la guerre.
Mais Israël est aussi confronté à des groupes proches de l'Iran comme le Hezbollah au Liban ou les Houthis au Yémen, Téhéran soutenant le Hamas.
Mercredi, un combattant du Hezbollah et deux civils été tués dans une frappe aérienne israélienne sur une habitation dans une ville frontalière du sud du Liban.
La veille, des échanges de tirs entre le Hezbollah et Israël ont blessé neuf soldats israéliens. Deux combattants du mouvement chiite ont également été tués.
Les Etats-Unis, qui patrouillent en mer Rouge pour protéger le trafic maritime des attaques des Houthis, ont annoncé avoir détruit mardi douze drones et cinq missiles tirés par ces rebelles qui disent agir en "solidarité" avec le Hamas.
Les attaques imputées aux groupes pro-iraniens contre des troupes américaines se sont également multipliées en Irak et en Syrie. En réponse, les Etats-Unis ont frappé trois sites utilisés par des groupes pro-iraniens en Irak, faisant un mort.
Ces incidents interviennent juste après que Téhéran a accusé Israël d'avoir tué l'un de ses hauts-gradés, Razi Moussavi, dans une frappe en Syrie, et promis de venger sa mort.