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L'Ukraine continuait samedi de compter ses morts après des frappes intenses de la Russie la veille sur plusieurs de ses villes, dont la capitale Kiev, qui ont tué 39 personnes et blessé des dizaines d'autres, selon les autorités.
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La vague d'attaques, l'une des plus violentes depuis le début de la guerre il y a bientôt deux ans, a ciblé des immeubles, une maternité ou encore un centre commercial mais aussi des infrastructures industrielles et militaires.
"A l'heure actuelle, on dénombre malheureusement 39 morts" sur l'ensemble du pays, a annoncé samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ajoutant qu'une centaine de personnes avaient été blessées.
"Près de 120 villes et villages ont été touchés", a-t-il dit, précisant que les opérations de recherches continuaient.
Rien qu'à Kiev, au moins 16 personnes ont été tuées vendredi, d'après l'administration locale.
Des corps continuaient d'être sortis des décombres samedi dans cette ville, où les attaques meurtrières s'étaient faites plus rares ces derniers mois.
Cette attaque a été "la plus importante en termes de victimes civiles", a affirmé samedi le maire de Kiev, Vitali Klitschko, qui a déclaré un "jour de deuil" pour le 1er janvier.
Pour le porte-parole de l'armée de l'air, Iouri Ignat, il s'agissait de "l'attaque de missiles la plus massive" du conflit, à l'exclusion des premiers jours de la guerre.
Selon l'état-major, Moscou a tiré près de 160 engins, dont des missiles de croisière et des drones explosifs Shahed.
- Quatre morts en Russie -
Deux enfants, dont l'âge n'a pas été précisé, ont été tués dans le centre-ville de Belgorod, capitale de la région éponyme, a indiqué le gouverneur local, Viatcheslav Gladkov.
Quelques heures plus tôt, il avait annoncé qu'une frappe nocturne sur un immeuble avait tué un homme et fait quatre blessés.
Dans la région de Briansk, elle aussi frontalière de l'Ukraine, les villages de Kister et Borchevo ont été bombardés, ce qui a causé la mort d'"un enfant né en 2014", selon le gouverneur Alexandre Bogomaz.
L'Ukraine mène régulièrement des frappes en Russie, notamment dans les régions les plus proches de son territoire.
La Pologne, pays membre de l'Otan, a elle dénoncé vendredi une "violation" de son espace aérien "par un missile de croisière", appelant la Russie à "cesser immédiatement de genre d'opération".
En novembre 2022, un missile ukrainien était tombé sur le village polonais de Przewodow, près de l'Ukraine, tuant deux civils et suscitant brièvement les craintes d'une extension du conflit.
- Appel au Congrès -
Les frappes russes de vendredi ont provoqué de fermes condamnations internationales, le secrétaire général de l'ONU s'élevant contre des "attaques effroyables".
Ces attaques viennent clore une année difficile pour l'Ukraine, marquée par l'échec de sa contre-offensive estivale et une relance des forces de Moscou, qui ont revendiqué cette semaine la prise de la ville de Marinka sur le front est.
Des nouvelles d'autant plus inquiétantes pour Kiev que l'aide occidentale commence à s'essouffler, en Europe comme aux Etats-Unis, faisant entrevoir le risque d'un assèchement du flot de munitions et de fonds.
Samedi, Volodymyr Zelensky a lancé un nouvel appel à ses alliés, assurant qu'armer l'Ukraine est "un moyen de protéger des vies".
"Chaque manifestation de la terreur russe prouve qu'on ne peut pas attendre pour apporter de l'assistance à ceux qui combattent", a-t-il plaidé.
Des propos qui font écho à ceux de son homologue américain Joe Biden, qui avait appelé les élus de son pays à "agir sans plus attendre" pour porter secours à Kiev.
Washington vient de débloquer une nouvelle tranche de 250 millions de dollars, la dernière sans un nouveau vote au Congrès, qui refuse pour l'instant d'allouer davantage d'aide.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a lui mis son veto à une nouvelle enveloppe d'aide de l'UE, un problème que les Européens espèrent régler lors d'un sommet début février 2024.
La Russie a pour sa part affirmé vendredi avoir visé lors de plus de 50 frappes, dont une "d'envergure" entre le 23 et 29 décembre, des infrastructures militaires, dépôts de munitions et lieux de déploiement des soldats ukrainiens.