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Attaque la plus sanglante de l'histoire d'Israël, opération la plus meurtrière de l'histoire de Gaza: Israéliens et Palestiniens mettent fin dimanche à une année sombre sans perspective sur la fin des combats et leur monde d'après.
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En ces dernières heures de l'année 2023, les raids aériens, les tirs d'artillerie et les combats au sol ne connaissent aucun répit dans la bande de Gaza, au grand désarroi d'une population palestinienne "épuisée".
"Nous espérions que l'année 2024 arrive sous de meilleurs auspices et que nous puissions célébrer le nouvel an, chez nous, en famille. Mais la situation est difficile", lance Mahmoud Abou Shahma, 33 ans, dans un camp de déplacés à Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza.
"Nous espérons la fin de la guerre et que nous pourrons retourner chez nous vivre paisiblement", ajoute l'homme originaire de Khan Younès, principale ville du sud de la bande de Gaza et nouvel épicentre de la guerre entre Israël et le Hamas.
Et ce alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre la menace croissante de propagation de maladies infectieuses.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, 21.672 personnes, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, ont été tuées depuis le début de la guerre le 7 octobre, un bilan de loin le plus lourd de toutes les opérations israéliennes.
Cette guerre dévastatrice a été déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien, fatale à environ 1.140 personnes, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
En réaction, Israël a juré de "détruire" le mouvement islamiste, au pouvoir dans la bande de Gaza, et pilonne sans relâche ce territoire où restent captifs 129 des quelque 250 otages faits par le Hamas et ses alliés locaux lors de l'attaque du 7 octobre.
- "Ramenez-les" -
Samedi soir, plus d'un millier de personnes ont manifesté à Tel-Aviv en soutien aux otages et à leurs proches, en scandant "ramenez-les à la maison!".
"J'essaie d'être optimiste. J'essaie vraiment d'être optimiste. J'espère qu'il y aura un autre accord, même partiel, ou que des informations seront publiées. J'essaie de m'accrocher à chaque brin d'espoir", a déclaré sur place Nir Shafran, 45 ans.
Gal Gilboa-Dalal reste, lui, traumatisé par ce 7 octobre. Il s'était rendu avec son frère Guy dans une rave party prise d'assaut par des commandos du Hamas.
"J'y étais avec lui et il a été emmené à la minute où je n'étais pas avec lui. J'y suis allé avec lui et je suis revenu sans lui et c'est comme si le temps s'était arrêté depuis. J'attends qu'il revienne. Chaque jour est un enfer", dit-il en marge de la manifestation à Tel-Aviv.
- "Plusieurs mois" -
Les médiateurs internationaux, menés par le Qatar et l'Egypte, étaient parvenus à négocier une trêve d'une semaine fin novembre ayant permis la libération de plus de 100 otages et l'entrée à Gaza d'une aide limitée. Et ils poursuivent actuellement leurs efforts en vue d'une nouvelle pause dans les combats.
Selon les sites américain Axios et israélien Ynet, le Qatar a indiqué à Israël que le Hamas acceptait le principe d'une reprise de pourparlers en vue de la libération de plus de 40 otages en échange d'un cessez-le-feu pouvant s'étendre jusqu'à un mois.
Une délégation du Hamas, mouvement classé terroriste par l'UE, les Etats-Unis et Israël notamment, est arrivée vendredi au Caire pour transmettre "la réponse des factions palestiniennes" à un plan égyptien prévoyant la libération d'otages et une pause dans les affrontements.
Cette réponse sera donnée "dans les prochains jours", a affirmé dans un communiqué Muhammad al-Hindi, secrétaire général adjoint du Jihad islamique, un groupe armé combattant aux côtés du Hamas.
Interrogé samedi soir, Benjamin Netanyahu est resté évasif sur ces tractations de coulisses.
"Le Hamas posait toute une série d'ultimatums que nous avons rejetés (...) Nous voyons un changement (mais) je ne veux pas créer d'attente", a-t-il déclaré en assurant que "la guerre va continuer pendant plusieurs mois"
- La multiplication des fronts -
La guerre à Gaza a ravivé les tensions à la frontière entre le Liban et Israël, théâtre quasi-quotidien depuis le 7 octobre d'échanges de tirs entre l'armée israélienne et le Hezbollah libanais, mouvement proche de l'Iran et qui soutient le Hamas.
Israël a dit avoir multiplié samedi les frappes contre des "positions" du Hezbollah qui lui a annoncé la mort de quatre de ses combattants "sur la route de Jérusalem", terme employé pour désigner ses membres tombés depuis le 7 octobre.
"Nous frappons fort contre le Hezbollah (...) et si le Hezbollah veut étendre la guerre, il encaissera des coups comme jamais, et l'Iran aussi", a prévenu samedi soir Benjamin Netanyahu.
Dans l'est de la Syrie, au moins 23 combattants affiliés à l'Iran - cinq Syriens, quatre membres du Hezbollah libanais, six Irakiens et huit Iraniens - ont été tués samedi dans des raids "probablement israéliens", selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
En mer Rouge, un destroyer américain a abattu deux missiles balistiques antinavires tirés depuis le territoire contrôlé par les rebelles Houthis soutenus aussi par l'Iran et qui menacent le trafic sur cette voie maritime stratégique en "soutien" à Gaza.