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Israël a poursuivi dimanche ses bombardements sur la bande de Gaza assiégée et dans une situation humanitaire désespérée pour les Palestiniens après bientôt trois mois de guerre contre le Hamas en cette fin d'année noire pour les deux parties.
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Au moins 40 Palestiniens ont été tués dans des frappes au cours de la nuit sur la ville de Gaza, a indiqué le ministère de la Santé du Hamas au pouvoir dans le territoire palestinien. Dix-huit corps ont été retrouvés jusqu'ici et nombre d'autres sont enfouis sous les décombres, a-t-il ajouté.
"Après l'explosion, nous sommes arrivés sur les lieux et nous avons vu des martyrs partout (...), des enfants sont toujours portés disparus", a témoigné Mohamed Btihan, un habitant de Gaza.
L'armée israélienne a indiqué de son côté avoir tué plus d'une dizaine de combattants ennemis lors de multiples combats au sol, de frappes aériennes et de tirs de chars, ajoutant avoir localisé des tunnels du Hamas et des explosifs placés dans une école maternelle.
La guerre déclenchée par les attaques sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre se poursuivra encore pendant "de nombreux mois", a averti le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
- "Situation difficile" -
"Nous espérions que l'année 2024 arrive sous de meilleurs auspices et que nous puissions célébrer le Nouvel An chez nous, en famille. Mais la situation est difficile", a déploré Mahmoud Abou Shahma, 33 ans, dans un camp de déplacés à Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza.
"Nous espérons la fin de la guerre et pouvoir retourner chez nous vivre paisiblement", a ajouté cet homme originaire de Khan Younès, principale ville du sud de la bande de Gaza et nouvel épicentre des combats entre l'armée israélienne et le Hamas.
En Israël, les célébrations du Nouvel An s'annoncent plus sobres que d'habitude à Tel-Aviv, capitale de la fête, où les bars seront ouverts toute la nuit, mais l'ambiance ne sera pas la même, des dizaines de milliers de jeunes étant mobilisés sur le front.
L'attaque du Hamas le 7 octobre a fait environ 1.140 morts en Israël, pour la plupart des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes. En réaction, Israël a juré de "détruire" le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, et pilonne sans relâche le petit territoire où 129 personnes sur les quelque 250 prises en otage le 7 octobre sont toujours retenues par le Hamas et ses alliés locaux.
Selon un nouveau bilan annoncé dimanche par le ministère de la Santé du Hamas, 21.822 personnes, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants, ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre, et 56.451 blessés.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre la menace croissante de propagation de maladies infectieuses et l'ONU a dit craindre une famine.
- "Ramenez-les !" -
M. Netanyahu a lui réaffirmé dimanche qu'Israël poursuivrait sa guerre "dont la justice et la moralité sont sans équivalent", réagissant aux accusations d'"actes de génocide" portées par l'Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice (CIJ).
Les proches d'otages retenus dans la bande de Gaza maintiennent eux la pression sur le gouvernement israélien. Plus d'un millier de personnes ont manifesté samedi soir à Tel-Aviv en soutien aux otages et à leurs proches, en scandant "ramenez-les à la maison!"
Les médiateurs internationaux, menés par le Qatar et l'Egypte, étaient parvenus à négocier une trêve d'une semaine fin novembre ayant permis la libération de plus de 100 otages et l'entrée à Gaza d'une aide limitée. Ils poursuivent actuellement leurs efforts en vue d'une nouvelle pause dans les combats.
Une délégation du Hamas, mouvement classé organisation terroriste par l'UE, les Etats-Unis et Israël notamment, est arrivée vendredi au Caire pour transmettre "la réponse des factions palestiniennes" à un plan égyptien prévoyant la libération d'otages et une pause dans les affrontements.
- Tensions en mer Rouge -
Cette réponse sera donnée "dans les prochains jours", a affirmé dans un communiqué Muhammad al-Hindi, secrétaire général adjoint du Jihad islamique, un groupe armé combattant aux côtés du Hamas.
Interrogé samedi soir, Benjamin Netanyahu est resté évasif sur les tractations de coulisses mais a assuré que la guerre allait continuer encore "pendant plusieurs mois".
La guerre à Gaza a ravivé les tensions à la frontière entre le Liban et Israël, théâtre quasi quotidien depuis le 7 octobre d'échanges de tirs entre l'armée israélienne et le Hezbollah libanais, mouvement islamiste proche de l'Iran et qui soutient le Hamas.
En mer Rouge, l'armée américaine a annoncé dimanche avoir coulé trois bateaux des rebelles yéménites Houthis alliés de l'Iran, accusés d'avoir attaqué un porte-conteneurs. Depuis le début de la guerre le 7 octobre, les Houthis affichent leur soutien aux Palestiniens de Gaza en menacent le trafic sur cette voie maritime stratégique.
Le géant danois du transport maritime Maersk a lui annoncé dimanche la suspension pendant 48 heures du transit de sa flotte par cette voie maritime.