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Le nouveau Premier ministre Gabriel Attal va s'atteler mercredi à former son futur gouvernement, au lendemain de sa nomination par le président de la République, destinée à insuffler un nouvel élan à un quinquennat en panne.
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Devenu à 34 ans le plus jeune Premier ministre de l'histoire de la République, l'éphémère ministre de l'Education nationale doit désormais composer son équipe gouvernementale sous le signe du "réarmement" et de la "régénération" souhaités par Emmanuel Macron.
Quasi-certitude du casting, Gérald Darmanin devrait rester au ministère de l'Intérieur. "Gérald Darmanin a eu un échange avec le président qui lui a redit sa confiance: il est assuré de rester à Beauvau comme il le souhaitait", a appris l’AFP mardi soir de source proche du ministre. Un temps évoquée, la piste d'un atterrissage au Quai d'Orsay semble donc écartée.
Emmanuel Macron et Gabriel Attal ont "la volonté d'aller vite sachant que l'exercice est par définition imprévisible", a-t-on fait savoir dans l'entourage présidentiel, et les deux hommes se sont de nouveau rencontrés mardi soir.
Le Conseil des ministres hebdomadaire, qui devait se tenir mercredi matin, a été reporté.
L'actuel directeur du Trésor et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Emmanuel Moulin, un proche de l'actuel ministre de l'Economie Bruno Le Maire, est de son côté pressenti pour devenir le directeur de cabinet du nouveau chef du gouvernement, selon une source proche de l'exécutif.
"Les (Edouard) Philippe et (François) Bayrou font sûrement monter les enchères pour peser sur la composition du gouvernement", analyse un cadre macroniste parlementaire, en évoquant les influents chefs des partis Horizons et Modem, membres de la majorité.
- Tractations -
Les tractations ont commencé, même si peu d'informations ont filtré sur les membres du gouvernement sortant qui pourraient survivre au remaniement. Mais certains ont déjà fait passer des messages.
La machine aux rumeurs et aux conjectures s'est rapidement mise en branle. "On peut comprendre que (Bruno) Le Maire par ego n'ait pas envie d'être sous l'autorité de son ex-secrétaire d'Etat", a ainsi susurré un conseiller de l'exécutif.
Un cadre du camp ministériel évoque aussi les départs possibles du porte-parole du gouvernement Olivier Veran ou du ministre des Transports Clément Beaune qui avait admis son malaise face à la loi sur l'immigration et fortement indisposé Emmanuel Macron.
Car plusieurs ministres de l'aile gauche de la macronie ont exprimé à des degrés divers leur désaccord face au virage à droite opéré à l'occasion du vote de ce texte. La question de leur maintien au sein du gouvernement sera au coeur des discussions.
- "Forces vives" -
La nomination de celui qui fait partie des personnalités politiques préférées des Français, a semble-t-il fait grincer quelques dents en interne au sein du gouvernement sortant, notamment chez ceux qui ambitionnent de succéder à Emmanuel Macron et observent avec inquiétude sa fulgurante ascension.
Chargé de redonner "audace" et "mouvement" à un quinquennat à la peine, le Premier ministre va pourtant faire face aux mêmes difficultés que sa prédécesseure Elisabeth Borne: absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale et macronie fracturée par la loi immigration.
Gabriel Attal a en ligne de mire les élections européennes du 9 juin. Il sera en partie jugé sur sa capacité à réduire l'écart important, selon les sondages, entre la liste de la majorité et celle du Rassemblement national, donnée largement gagnante et conduite par un autre jeune responsable politique ambitieux, Jordan Bardella.
Dans son discours de passation de pouvoir mardi après-midi, le Premier ministre a affiché l'objectif de "garder le contrôle de notre destin et libérer notre potentiel français". Il a aussi promis de réunir rapidement "toutes les forces vives de ce pays", partenaires sociaux et élus locaux.