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Au moins huit civils ont été tués et près de quatre-vingt ont été blessés au cours de frappes aériennes russes nocturnes visant notamment la capitale ukrainienne Kiev et Kharkiv (est), ont annoncé mardi les autorités locales.
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Ces dernières semaines, Kiev et Moscou se sont accusés de multiplier les frappes sur les zones civiles, au bilan parfois très lourd, tandis que la situation sur le front est quasiment gelée.
"Le nombre de morts à Kharkiv s'élève à sept", a indiqué le gouverneur régional, Oleg Synegoubov, qui avait affirmé plus tôt que 51 personnes avaient été blessées.
Une autre personne a été tuée à Pavlograd, dans la région de Dnipropetrovsk, dans une attaque qui a également fait un blessé, selon le dirigeant régional, Serguiï Lyssak.
Mardi matin à Kharkiv, les secours évacuaient les habitants blessés, dont certains avaient le visage ensanglanté ou devaient être portés, a constaté un photographe de l'AFP.
Des pompiers combattaient les flammes dans les décombres d'un bâtiment touché, tandis qu'une équipe de secouristes essayait de retrouver des survivants.
Une habitante, Oleksandra Terekhovitch, a expliqué à l'AFP avoir couru se réfugier dans un couloir en entendant une première explosion à proximité, puis une deuxième "dans une maison voisine".
"Il n'y a plus de larmes à verser" face à la guerre qui dure depuis bientôt deux ans, a-t-elle estimé. "On vit avec l'horreur en nous."
- "Bouleversée" -
A Kiev, 22 personnes ont été blessées, a indiqué de son côté le maire de la capitale, Vitali Klitschko, précisant que "13 ont été hospitalisées, dont trois enfants".
Selon le ministère ukrainien de l'Intérieur, une personne est en "état de mort clinique", mais les autorités de la capitale n'ont pas confirmé ce décès jusqu'à présent.
Un immeuble et des véhicules étaient en flammes dans le quartier Sviatochynski à Kiev, selon la même source. Dans ce même quartier, l'ogive non-explosée d'un missile a été retrouvée dans un appartement.
Dans le quartier de Pechersk, un incendie s'est déclaré dans un bâtiment "non résidentiel".
Daryna Bodentchouk, une étudiante de 17 ans interrogée par l'AFP près d'un immeuble endommagé de la capitale, a dit être "bouleversée".
"C'est très effrayant", a-t-elle dit, expliquant qu'une fenêtre s'était brisée dans son dortoir.
Trois autres personnes ont été blessées par des fragments de missiles dans la région de Kiev, a déclaré le chef de l'administration militaire, Rouslan Kravtchenko.
En parallèle de ces attaques nocturnes, une frappe russe a tué un homme de 70 ans dans la ville méridionale de Kherson, a indiqué Oleksandre Prokoudine, le gouverneur régional.
- Attaques en Russie -
Selon le commandant en chef de l'armée ukrainienne, Valery Zaloujny, la Russie a visé l'Ukraine avec 41 missiles, dont 21 ont été abattus.
L'Ukraine réclame d'urgence à ses alliés occidentaux plus de moyens de défense antiaérienne, et s'est fixé pour objectif en 2024 de reprendre le contrôle du ciel au-dessus de son territoire.
Elle a aussi multiplié cet hiver ses propres attaques de missiles et de drones en territoire russe, visant en particulier la ville de Belgorod.
La Douma, chambre basse du Parlement russe, a annoncé avoir voté mardi un texte faisant appel à l'ONU et aux parlements du monde entier concernant les "attaques criminelles" de l'Ukraine "contre des civils sur le territoire russe".
Moscou a en outre de nouveau nié avoir touché des civils dans les bombardements de mardi, affirmant, comme toujours depuis deux ans ne frapper que des objectifs militaires.
La diplomatie française a elle accusé Moscou de viser les infrastructures civiles "de manière délibérée".
La mission de surveillance des droits de l'homme de l'ONU en Ukraine (HRMMU) a dit avoir constaté les dégâts de ces attaques sur une école, une maternelle et des zones résidentielles, comme à Kharkiv où un immeuble de cinq étages semble avoir été "directement touché par plusieurs missiles".
Des centaines de milliers de militaires et de civils ont été tués depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022.
Il n'existe cependant aucun bilan fiable, aucun des deux camps ne publiant de données détaillées et aucune organisation indépendante, y compris l'ONU, n'étant en mesure de fournir un décompte exhaustif des morts et des blessés.