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Donald Trump a accusé mardi l'Iran de concevoir des armes capables de frapper les Etats-Unis et de poursuivre de "sinistres ambitions nucléaires", tout en disant privilégier la voie diplomatique vis à vis de Téhéran qui affirme qu'un accord avec Washington est "à portée de main".
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Alors que les Etats-Unis font pression sur l'Iran en déployant un dispositif militaire massif dans la région du Golfe, une troisième session de pourparlers entre les deux pays ennemis est prévue jeudi à Genève.
L'Iran a "déjà développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases" militaires et "travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis", a affirmé le président américain mardi, dans son discours de politique générale devant le Congrès.
"Ils avaient été avertis de ne plus tenter à l'avenir de reconstituer leur programme d'armement, en particulier les armes nucléaires. Pourtant, ils continuent et (...) poursuivent à l'heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires", a-t-il ajouté.
"Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie, mais une chose est sûre: je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme (...) de se doter d'une arme nucléaire", a poursuivi Donald Trump.
"Nous sommes en négociations avec eux. Ils veulent conclure un accord, mais nous n'avons pas encore entendu ces mots clés: +Nous n'aurons jamais l'arme nucléaire+", a-t-il dit.
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé sur X mardi que son pays était "déterminé à parvenir à un accord juste et équitable — dans les plus brefs délais". Il a fait état d'une "opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte nos préoccupations et nos intérêts mutuels".
"Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée", a-t-il ajouté
Téhéran se défend de telles ambitions militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
Dans un rapport publié lundi, l'International Crisis Group (ICG) estime qu'au vu des divergences entre les deux pays, trouver un terrain d'entente sera "une tâche difficile".
"La République islamique et les Etats-Unis n'ont jamais été aussi proches du précipice d'un conflit majeur", écrit ce centre de réflexion américain.
- "Peur" et "espoir" -
En Iran, le gouvernement a de son côté jugé, par la voix de sa porte-parole Fatemeh Mohajerani, que les étudiants avaient "le droit de manifester". Mais il y a "des lignes rouges (...) à ne pas franchir", a averti Mme Mohajerani, citant "les lieux sacrés" comme les mosquées et "le drapeau" de la République islamique.
Depuis la reprise des cours samedi, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et authentifiées par l'AFP montrent des étudiants dans des universités de Téhéran brûler ce drapeau, adopté après la révolution de 1979 qui a renversé la monarchie.
Parmi les slogans scandés par les contestataires, "Mort au dictateur", en référence au guide suprême, Ali Khamenei.
Ces rassemblements, marqués pour certains par des affrontements entre adversaires et partisans du pouvoir, secouent un pays encore sous le choc de la répression qui a écrasé dans le sang une vague inédite de contestation du pouvoir iranien.
Selon un habitant de Téhéran, interrogé par un journaliste de l'AFP basé à l'étranger, les protestations se limitent aux grandes universités et ne devraient pas s'étendre, du fait de "la peur d'une répression brutale et de l'espoir placé en Trump".
En cas d'échec de la diplomatie, les intentions de Washington "restent floues", selon les analystes de l'ICG, qui soulignent que Donald Trump préfère "les guerres courtes" plutôt que l'engagement "dans un conflit coûteux et chaotique".