Moyen-Orient: le gouvernement et la Banque de France "suivent de très près" la situation / Photo: Ludovic MARIN - AFP/Archives
Le ministre de l'Economie Roland Lescure et le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau se sont voulus rassurants mardi sur la situation économique française face à la guerre au Moyen-Orient, tout en affirmant suivre "de très près" les développements de la crise.
Roland Lescure a souligné que ce conflit créait des "incertitudes économiques et financières" que le gouvernement doit "suivre de très près", mais assuré qu'il n'y avait "aucun risque d'approvisionnement à court terme en France ni sur le gaz, ni sur l'essence", lors d'un point presse à Bercy.
"Donc ne créons pas un problème qui n'existe pas. On n'a aucune raison de se ruer aujourd'hui dans les stations-service", a-t-il martelé.
Le ministre a précisé qu'un dispositif avait été mis en place pour face à cette situation, dont une "cellule de crise qui se réunit une fois par jour" sous sa direction à Bercy "pour suivre l'évolution des marchés financiers, des indicateurs économiques et, évidemment, les marchés de l'énergie".
Il a ajouté qu'il allait aussi "échanger dans la journée avec les représentants des services économiques régionaux qui sont sur le terrain et qui ont l'information, évidemment, sur ce qui se passe". Des rencontres auront aussi lieu "avec les filières industrielles, notamment les secteurs principalement concernés, l'énergie, le transport, la logistique, l'industrie, de manière à la fois à pouvoir informer nos entreprises" et à "faire remonter de l'information sur ce qu'elles voient sur le terrain".
François Villeroy de Galhau a lui indiqué que la Banque de France suivait avec "une grande attention" les "développements sur l'énergie et sur les marchés financiers".
Mais il a estimé que "ce serait une erreur de prévoir aujourd'hui, dans la précipitation, un mouvement éventuel sur les taux d'intérêt" de la Banque centrale européenne (BCE). "Je rappelle que nous ne déciderons pas seulement au vu des prix instantanés de l'énergie".
M. Villeroy de Galhau a par ailleurs jugé que l'économie française abordait "ces tensions avec certains éléments favorables, une inflation basse, une croissance relativement résiliente et un secteur financier solide, avec une exposition limitée sur le Moyen-Orient".
Mais "il faut un peu plus de recul, et et notre Conseil des gouverneurs de la BCE disposera, lors de sa prochaine réunion dans 15 jours, les 18 et 19 mars, de prévisions économiques actualisées", a-t-il ajouté.
A.Gerard--LCdB