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Elle traverse la rue comme une ombre, le visage ruisselant de larmes: "nous voulons juste vivre en paix". A Aïcha Bakkar, quartier populaire de Beyrouth bombardé par Israël mercredi, de nombreux habitants accusent le Hezbollah d'avoir entraîné le Liban dans "la guerre de trop".
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La femme voilée de noir, qui préfère taire son nom, explique que son cousin a été blessé dans l'explosion ayant dévasté à l'aube un appartement au coeur de la capitale, et gravement endommagé les habitations voisines.
Venue inspecter les dégâts chez un de ses proches, Amal Hisham laisse elle échapper un cri de stupeur: les vitres ont volé en éclats à travers le salon, les canapés dorés de style rococo ne sont plus que lambeaux.
"Je n'ai que faire du Hezbollah et de tous les autres (...) Israël est un État terroriste. Ce sont tous des terroristes qui s'entretuent", s'emporte cette femme de 46 ans.
La retenue dont a fait preuve le mouvement chiite pro-Iran depuis la fin de sa dernière guerre avec Israël, en novembre 2024, appartient au passé.
Pour beaucoup de Libanais, épuisés par des décennies de conflits avec leur voisin israélien, sans parler de l'effondrement économique du pays, cette nouvelle guerre n'est pas la leur.
"Le Hezbollah doit remettre ses armes à l'Etat, un point c'est tout", assène Randa Harb, une vieille dame en colère tenant une échoppe de fruits et légumes dans ce quartier à majorité sunnite.
- "A quoi bon?" -
A peine les victimes évacuées, la rue encombrée de gravats fourmille de rumeurs: qui était visé?
"Des hommes du Hezbollah se cachaient là", assure un commerçant, quand d'autres évoquent un responsable du Hamas, son allié palestinien.
"Peu importe", assène Muhammad Ahmad, 42 ans. Leur présence "est un grand danger pour nous".
"S'ils veulent mourir en martyrs, qu'ils restent chez eux et se sacrifient tout seuls", ajoute le père de famille.
Un bébé dans les bras, Aziza, qui assure avoir accueilli plusieurs familles chiites pendant la dernière guerre en 2024, s'inquiète de l'arrivée massive de déplacés ayant fui la banlieue sud, bastion du Hezbollah pilonné par Israël.
Il y a quelques jours, des partisans du Hezbollah "ont tiré sur mon fils à la jambe", car il s'était plaint de les voir déployer leur drapeau en pleine rue, dit-elle. "Depuis, je ne reçois plus personne d'étranger à ma communauté".
Tony Saab, patron d'une épicerie dans le quartier chrétien de Mar Michael, d'ordinaire pris d'assaut par la jeunesse branchée de Beyrouth, se désole aussi.
"Le Hezbollah prend les décisions sans se soucier ni du pays ni de sa propre base. Il mène des combats absurdes. À quoi bon ? Vous tirez un missile, ils en tirent cent en retour", dit le commerçant de 68 ans, désabusé.
- "Livrés à nous-mêmes" -
Le Hezbollah chiite était au faîte de sa popularité après la guerre de 2006 contre Israël, mais a perdu progressivement l'appui des autres communautés qui le voient comme un "Etat dans l'Etat".
"Nous n'avons jamais été contre le Sayyed (le chef historique du Hezbollah Hassan Nasrallah, tué en 2024, ndlr): c'est lui qui a tenu tête à Israël, dit Ghada, employée à la municipalité d'Aïcha Bakkar. "Mais maintenant les choses ont changé".
Le soutien au Hezbollah divise désormais au sein même de la communauté chiite, qui le considérait comme son protecteur.
"Personne ne voulait de cette guerre. Qui voudrait aller se suicider ?", assure Lina Hamdan, une avocate issue d'une famille intellectuelle chiite. "Ce sont (les chiites) les premières victimes", dit-elle.
Opposante de longue date au Hezbollah, elle estime que cette guerre "sera un tournant" pour l'avenir politique et militaire du puissant mouvement.
Si la plupart des déplacés échoués sur les trottoirs de la capitale n'osent critiquer le Parti de Dieu devant les caméras, certains le confirment à mots couverts.
"Quel était le but de cette guerre? Rien de tout cela n'a de sens", dit une mère de famille, Hiam, 53 ans, qui vit dans une école transformée en centre d'accueil.
Le Hezbollah, qui gère des écoles, des hôpitaux et des organisations communautaires leur venait en aide par le passé. Nombre de déplacés avaient ainsi perçu de l'argent pour se reloger.
"Cette fois, nous sommes livrés à nous-mêmes", dit Hiam.