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Moins de 20% des électeurs s'étaient rendus aux urnes dimanche à la mi-journée pour le premier tour des élections municipales, un chiffre en retrait par rapport à 2014, pour ce scrutin très indécis dans plusieurs grandes villes et qui promet de vifs débats sur les alliances d'entre-deux-tours.
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Le taux de participation à la mi-journée en France métropolitaine, 19,37% selon le ministère de l'Intérieur, est supérieur d'un point à celui du premier tour 2020, une édition pourtant très particulière sur fond de Covid-19 et marquée par une abstention historique. Il est inférieur d'environ 4 points à celui de 2014 à la même heure, quand la participation finale s'était élevée à 63,6%.
Le ministère de l'Intérieur fournira de nouveaux chiffres provisoires à 17 heures.
Les bureaux de vote fermeront à 18 heures, 19 heures ou, dans les plus grandes villes, 20 heures, heure à laquelle pourront être publiés les premiers résultats.
L'ancien Premier ministre Edouard Philippe, qui a fait de sa réélection au Havre un prérequis à sa candidature à la présidentielle de 2027, a été l'un des premiers responsables politiques à voter.
Le chef du gouvernement Sébastien Lecornu a glissé son bulletin dans l'urne à Vernon (Eure) où il figure en troisième position sur la liste du maire sortant. Pierre Hurmic et Jean-Luc Moudenc, qui sollicitent un nouveau mandat à Bordeaux et Toulouse, se sont également rendus dans leur bureau de vote dimanche matin, de même, à Paris, que les deux favoris des sondages Emmanuel Grégoire ("gauche unie") et Rachida Dati (droite).
A Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann, qui entend reconquérir la mairie, a déclaré, à sa sortie de l'isoloir, qu'elle "sent la mobilisation électorale" mais aussi "une forme d'inquiétude" liée à la situation internationale au Moyen-Orient.
Le militant antinarcotrafic Amine Kessaci, qui figure sur la liste du maire sortant divers gauche Benoît Payan, a voté dans une école à Marseille, gilet pare-balle sous sa chemise.
Chez nous, les candidats "ne s'engagent pas par esprit de querelle politique, c'est un engagement citoyen admirable", a salué Jean-Pierre Ennebick, 76 ans, après avoir voté à Arbonne, un village de 2.600 habitants près de Biarritz, où se présentent trois listes, toutes sans étiquette.
A Rennes, Justine, 25 ans, qui a voté pour la première fois à une élection municipale, le fait pour "préserver un équilibre entre forces politiques".
Quelque 48,7 millions d'électeurs sont appelés aux urnes - dont 358.000 ressortissants de l'Union européenne.
93% des communes, qui n'ont qu'une ou deux listes à départager, connaîtront leur maire dès le premier tour.
Mais l'incertitude est importante dans les grandes villes où peu d'édiles sont assurés d'être reconduits. Dans ces agglomérations, sitôt les résultats connus, une autre élection commencera, avec la question des alliances du second tour.
A un an de la présidentielle, le débat sur ces alliances est vif à gauche au vu de l'inimitié de plus en plus forte entre socialistes et Insoumis.
Il est également intense de l'autre côté de l'échiquier: l'extrême droite entend supplanter à certains endroits la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l'aspirer dans une alliance là aussi en vue de 2027.
A Paris, les perspectives de victoire d'Emmanuel Grégoire (PS) ou de Rachida Dati (LR) seront ainsi très différentes si Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête) dépassent ou non les 10% et décident ou non de se maintenir.
La question se posera aussi à Marseille pour le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio donnés largement en tête devant Martine Vassal (LR) et l'Insoumis Sébastien Delogu. Ou encore à Toulouse où le divers droite sortant Jean-Luc Moudenc mise sur une triangulaire avec socialistes et Insoumis.
Grands vainqueurs de 2020, les Ecologistes sont sur la défensive à Strasbourg ou Bordeaux. Mais, à Lyon, le maire Grégory Doucet croit en une "remontada" face à l'ex-patron de l'OL Jean-Michel Aulas, dont l'avance a fondu dans les sondages.
Paris, Lyon et Marseille connaissent leur première municipale depuis la réforme du mode de scrutin, avec élection "directe" du conseil municipal en plus des secteurs ou arrondissements.
"Il n'y a pas de difficultés majeures, finalement, à réaliser deux votes simultanés", observe Insaf Mehri, enseignante de 35 ans et électrice à Marseille.
Encore peu implanté localement, le Rassemblement national entend gagner des villes petites et moyennes dans le sud-est et le nord, et ajouter Toulon, voire Marseille, à Perpignan pour celles de plus de 100.000 habitants.
Quant aux Insoumis, ils espèrent ravir Roubaix (Nord) et créer la surprise dans certaines villes franciliennes.