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Le réseau électrique a été rétabli mardi à Cuba après plus de 24 heures de panne générale, tandis que les Etats-Unis accentuent leur pression sur le gouvernement communiste, l'exhortant à accélérer les réformes en faveur de l'économie de marché.
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En début de soirée, le réseau électrique, qui s'était déconnecté lundi à la mi-journée, a été rétabli sur l'ensemble du territoire, ont annoncé les autorités. De nombreux quartiers de La Havane, où vivent 1,7 million d'habitants, ont de nouveau du courant, a constaté l'AFP.
Outre cette panne électrique générale, la sixième en près d'un an et demi, le gouvernement de La Havane demeure sous la pression de Washington.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a estimé mardi que les mesures annoncées la veille par le gouvernement permettant à la diaspora cubaine d'investir sur l'île et d'y détenir des entreprises privées étaient loin d'être "suffisantes".
"Cuba a une économie qui ne fonctionne pas et le système politique et gouvernemental est incapable d'y remédier. Il leur faut donc opérer un changement radical", a déclaré à la Maison Blanche M. Rubio, qui est lui-même d'origine cubaine et fervent opposant au pouvoir communiste à La Havane.
"Ce qu'ils ont annoncé hier (lundi) est loin d'être suffisant. Ça ne va pas régler le problème. Ils ont donc des décisions importantes à prendre", a-t-il ajouté, alors que La Havane et Washington sont en pourparlers.
- "Prendre Cuba" -
"Ils parlent avec Marco, et nous allons très bientôt faire quelque chose concernant Cuba", a affirmé pour sa part le président Donald Trump. Lundi, il avait dit "croire" qu'il "aura l'honneur de prendre Cuba", sans préciser exactement ce qu'il entendait par ce verbe.
La réponse de La Havane ne s'est pas fait attendre. "Le gouvernement des Etats-Unis mène une guerre économique impitoyable qui empêche Cuba d'avoir accès aux financements (internationaux), aux marchés, à la technologie et aux carburants, mais il accuse le pays de ne pas savoir gérer son économie", a répliqué sur X le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernandez de Cossio.
"Rien qui concerne notre système politique, rien qui concerne notre modèle politique — notre modèle constitutionnel — ne fait partie des négociations, et n'en fera jamais partie", a renchéri la numéro deux de l'ambassade de Cuba à Washington, Tanieris Dieguez, dans un entretien à l'AFP.
Elle a rappelé que l'embargo américain en vigueur depuis 1962 restait un frein aux relations avec les entreprises américaines.
Lundi, La Havane a annoncé que la diaspora cubaine, notamment celle qui vit aux Etats-Unis, allait pouvoir investir à Cuba dans des secteurs comme les banques, l'agriculture, le tourisme, les mines et les infrastructures, une sérieuse brèche dans son système socialiste.
Ce geste d'ouverture intervient alors que l'économie de l'île, déjà affaiblie par plus de six années de crise, est au bord du gouffre, paralysée par le blocus énergétique imposé par Washington, outre l'embargo.
- "Agonie" -
Signe de ces difficultés, le pays de 9,6 millions d'habitants a connu lundi une nouvelle panne générale d'électricité.
Même si le réseau électrique a été rétabli dans les 15 provinces du pays, les délestages ont repris pour faire face à la faible production électrique.
"Vivre dans ce pays, c'est une agonie!", s'emporte Rolando, un maçon de 55 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille. "Si déjà quand tu as quatre ou cinq heures de courant par jour ce n'est pas une vie, alors avec une panne générale comme maintenant, tout se complique salement!", dit-il.
Le pays est régulièrement confronté à des coupures massives, certaines pouvant durer plusieurs jours.
Le gouvernement cubain affirme que les sanctions américaines l'empêchent de réparer son infrastructure électrique vieillissante, mais des économistes relèvent aussi le sous-investissement chronique de l'Etat dans ce secteur.
Depuis deux mois, les livraisons de pétrole en provenance du Venezuela, principal fournisseur de La Havane, sont interrompues et l'administration Trump menace de sanctionner tout pays qui enverrait du pétrole à l'île des Caraïbes.