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L'Iran a lancé vendredi de nouvelles attaques de missiles sur Israël et sur des monarchies du Golfe alliées des Etats-Unis, malgré les menaces de Donald Trump sur les ponts et centrales électriques iraniens.
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Rhétorique inflammatoire et frappes quotidiennes se poursuivent sans relâche plus d'un mois après le début du conflit, déclenché par une attaque américano-israélienne contre l'Iran.
Israël a été visé par plusieurs séries de tirs iraniens vendredi, pendant que les juifs marquent Pessah et les chrétiens s'apprêtent à célébrer Pâques.
Selon les médias iraniens, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République, ont tiré des missiles "longue portée" vers cette ville et la station balnéaire d'Eilat (sud).
Les alertes appelant les Israéliens aux abris en cas de missile sont désormais beaucoup plus restreintes, grâce à des outils d'intelligence artificielle.
"L'alerte est ultra-localisée", explique Sarah Chemla, 32 ans, habitante de Tel-Aviv: si un autre quartier est visé "je ne reçois qu'une pré-alerte et je ne réveille plus mes enfants pour rien".
- Infrastructures civiles touchées -
Aux Emirats arabes unis, 12 personnes, Népalais et Indiens, ont été blessées dont une grièvement après l'interception d'une attaque à Abou Dhabi, où un complexe gazier a été fermé après un incendie suite à une attaque interceptée.
Au Koweït, cible comme les autres pays du Golfe de représailles iraniennes quasi-quotidiennes, une attaque de drones sur une raffinerie a provoqué des incendies sur plusieurs unités du site, et une centrale électrique et de dessalement a été touchée.
Ces attaques interviennent quelques heures après que l'armée iranienne a menacé de viser des sites américains et israéliens, mais aussi les "pays hôtes et alliés des Etats-Unis", accueillant des bases militaires américaines.
Elle rétorquait au président américain qui a menacé l'Iran de nouvelles frappes contre ses infrastructures civiles. "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a-t-il averti sur son réseau Truth Social, continuant d'alterner menaces et appels à négocier.
Jeudi, les bombardements américano-israéliens sur des infrastructures ont notamment détruit un pont en construction près de Téhéran et endommagé l'Institut Pasteur iranien, au grand dam de l'Organisation mondiale de la santé.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l'armée avait détruit "70% des capacités de production d'acier" de l'Iran, dont les deux plus grandes aciéries sont à l'arrêt.
Trump a annoncé mercredi "deux à trois" semaines de frappes intenses pour renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".
Alors qu'aucune porte de sortie ne se dessine, l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a appelé Téhéran à "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre.
Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz", voie stratégique pour le commerce mondial, "en échange de la levée de toutes les sanctions", écrit-il dans une revue américaine.
- Vote à l'ONU repoussé -
La guerre a déjà fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, où le mouvement pro-iranien Hezbollah a commencé à tirer sur Israël le 2 mars.
Au Liban, l'armée israélienne a averti qu'elle allait frapper deux ponts dans l'est du pays, après de nouveaux tirs du Hezbollah libanais vers le sud d'Israël dans la nuit.
L'armée israélienne assure avoir frappé plus de 3.500 cibles à travers le Liban et "éliminé" environ 1.000 combattants du Hezbollah en un mois, en parrallèle de son offensive terrestre dans le sud du pays.
La guerre nourrit de fortes inquiétudes pour l'économie mondiale en raison de la quasi fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz, par où transite normalement 20% du pétrole et du GNL mondiaux, mais aussi 30% des engrais.
L'Iran, accusé par une quarantaine de pays de vouloir "prendre en otage l'économie mondiale", a prévenu que le détroit resterait fermé aux pays jugés hostiles.
Un porte-conteneur du groupe français CMA CGM a traversé le détroit jeudi, en affichant via son signal de navigation avoir un "propriétaire français". C'est le premier passage connu d'un navire d'un grand groupe européen de transport maritime par cette voie depuis sa paralysie.
Les pays du Golfe ont appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à donner son feu vert à une libération par la force du détroit d'Ormuz.
Le vote à l'ONU initialement prévu vendredi sur un projet de résolution autorisant un recours à la force sous condition, porté par Bahreïn et en discussion depuis une dizaine de jours, a été reporté alors que le Conseil de sécurité reste loin d'un consensus.
Téhéran a mis en garde contre toute "action provocatrice" à l'ONU, avertissant qu'un vote du conseil de sécurité "ne fera que compliquer davantage la situation".
- Couvre-feu -
Le conflit a des répercussions économiques mondiales. Il fait grimper les prix du pétrole et des engrais, tirant vers le haut les prix des denrées alimentaires selon l'ONU.
Le Bangladesh a réduit les horaires d'ouverture des bureaux et commerces à partir de vendredi pour réduire sa consommation d'énergie. Une mesure similaire limite la vie nocturne habituellement animée en Egypte, où un couvre-feu commercial est fixé à 21h depuis quelques jours.
En Australie, des centaines de stations-service sont à court de carburant dans les zones rurales alors que débute le week-end de Pâques.