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Iraniens et Américains ont rejeté presque simultanément lundi des offres de trêve, le président Donald Trump saluant toutefois une étape "très significative" dans le conflit.
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Au 38e jour de guerre, l'offensive israélo-américaine a visé des infrastructures énergétiques de l'Iran, le président américain avouant ne pas s'inquiéter de savoir si ces destructions pourraient constituer des crimes de guerre.
La Maison Blanche a confirmé que des pays médiateurs avaient proposé un arrêt des combats de 45 jours, en ajoutant que Donald Trump n'avait pas "validé" cette idée.
"Ce n'est pas encore assez bien mais c'est une étape très significative", a dit le président américain lui-même pendant un échange avec des journalistes.
Selon le site d'information américain Axios, des médiateurs, turcs, égyptiens et pakistanais ont évoqué une proposition en deux phases, un cessez-le-feu de 45 jours devant d'abord permettre des négociations, avant de déboucher sur un accord pour mettre un terme à la guerre, déclenchée le 28 février par Israël et les Etats-Unis.
En face, l'agence de presse iranienne Irna a affirmé que Téhéran avait rejeté une proposition de cessez-le-feu, au contenu non précisé, portée par le Pakistan.
Dans sa réponse, Téhéran "insiste sur la nécessité d'une fin définitive" des combats et exige "la fin des conflits dans la région, un protocole pour le passage sécurisé à travers le détroit d'Ormuz", crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole, ainsi que "la reconstruction et la levée des sanctions" contre l'Iran.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique du pouvoir iranien, ont déclaré qu'ils se préparaient à mettre en place des conditions de navigation à Ormuz, qui s'appliqueraient "en particulier aux Etats-Unis et à Israël".
Ils n'ont pas détaillé ces conditions, mais ces dernières semaines, des parlementaires iraniens avaient proposé d'imposer des droits de passage et des taxes aux navires dans le détroit.
- "Ouais" -
Sur le terrain, des frappes se poursuivent de part et d'autre. Deux complexes pétrochimiques iraniens ont été frappés.
D'un simple "ouais", le milliardaire républicain, qui doit tenir une conférence de presse à 13H00 (17H00 GMT), a assuré que son ultimatum tenait toujours.
Il a affirmé qu'il ne "s'inquiétait pas" du risque de commettre des crimes de guerre alors qu'un journaliste l'interrogeait sur sa menace de détruire des centrales électriques.
Toute frappe ciblant des infrastructures civiles, en particulier des installations énergétiques, est "illégale" et "inacceptable", a rappelé le président du Conseil européen, Antonio Costa, tandis que la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, a dénoncé les "menaces délibérées" contre les infrastructures civiles.
Mais pour M. Trump, le "crime de guerre" serait de laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire. Il a avancé une autre justification en évoquant les répressions de manifestations par les autorités iraniennes: "Ils tuent des manifestants. Ce sont des animaux".
- Incendie "maîtrisé" -
Sans attendre la fin de l'ultimatum américain, Israël a visé des installations du site de South Pars à Assalouyeh (sud) qui assure, selon le ministre israélien de la Défense Israël Katz, "environ la moitié de la production pétrochimique du pays".
L'agence de presse iranienne Fars a fait état de "plusieurs explosions" sur ce gigantesque site qui abrite aussi la plus grande installation gazière du pays. Aucune victime n'a été rapportée et l'agence Irna a assuré que l'incendie était "maîtrisé".
"Si les attaques contre des cibles civiles se poursuivent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront bien plus dévastatrices et étendues", a averti le porte-parole du commandement militaire iranien.
Outre les infrastructures, des dirigeants iraniens ont été ciblés.
Les Gardiens de la Révolution ont annoncé que leur chef des renseignements, Majid Khademi, avait été tué et promis de venger sa mort par "une riposte majeure". Le guide suprême Mojtaba Khamenei, de son côté, lui a rendu hommage dans un message écrit.
Dans les pays du Golfe, frappés quotidiennement par l'Iran qui les accuse d'aider les Etats-Unis, le Koweït a dit avoir été visé par des missiles et des drones, faisant six blessés.
En Israël, les secouristes ont indiqué avoir retrouvé quatre personnes mortes sous les décombres d'un immeuble frappé par un missile iranien à Haïfa (nord).
Les rebelles houthis du Yémen ont affirmé avoir lancé une nouvelle attaque contre Israël, conjointement avec l'Iran et le Hezbollah libanais, évoquant "une salve de missiles de croisière et de drones visant plusieurs sites vitaux et militaires".
Au Liban, autre front qui paie un lourd tribut à la guerre, une frappe a de nouveau visé le sud de Beyrouth, après un avertissement israélien.
Les tensions sur les prix de l'énergie se font toujours ressentir: tant le prix du baril de Brent que celui de WTI, les deux principales variétés d'or noir, évoluaient lundi autour de 110 dollars le baril.