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Israël a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de raids meurtriers sur la capitale et ses environs, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah approche des 1.500 morts.
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L'armée israélienne a affirmé avoir visé lundi "des cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth".
Un épais panache de fumée s'est élevé de la banlieue sud, sous contrôle du Hezbollah et vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis le 2 mars. Seuls quelques commerces y restent ouverts, selon une journaliste de l'AFP sur place.
Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits. Une station-service de la compagnie al-Amana, accusée par Israël d'être contrôlée par le Hezbollah, est calcinée.
Le long de la route menant à la banlieue sud, des habitants ont installé des tentes où ils dorment, allant inspecter leurs maisons entre deux avertissements israéliens.
Dimanche, Israël avait intensifié ses bombardements sur la banlieue sud et la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban avait fait cinq morts, selon le ministère de la Santé.
- "Force al-Qods" -
Une autre frappe sur un appartement dans une zone à l'est de la capitale, jusque-là épargnée par les violences, a tué trois personnes, dont un responsable local des Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, et sa femme.
Le chef des FL Samir Geagea a affirmé que "les Israéliens visaient un membre de la force al-Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, qui semble avoir échappé à la frappe.
L'armée israélienne a affirmé lundi qu'elle avait frappé une "cible terroriste" à l'est de Beyrouth et ajouté qu'elle examinait l'incident "après des informations sur des victimes parmi des civils libanais non impliqués dans les combats".
Dans un communiqué, l'armée libanaise a déclaré que son enquête avait révélé qu'il n'y avait "aucun nouveau locataire" dans l'immeuble visé. En revanche "une personne a été vue quittant l'immeuble à moto immédiatement après l'attaque" et "l'enquête se poursuit afin de déterminer son identité".
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort d'Ali Khamenei.
Depuis, Israël mène des frappes massives sur le pays ayant fait 1.497 morts et plus de 4.600 blessées, selon les autorités, et déplacé plus d'un million de personnes.
- "Maisons inhabitables" -
Des frappes israéliennes ont également visé le sud et l'est du Liban.
Dans le sud, quatre personnes ont été tuées dans un raid sur une voiture à Kfar Roummane, près de Nabatiyeh, a indiqué le ministère de la Santé.
Dans la localité de Bourj Rahal, près de Tyr, un correspondant de l'AFP a vu des immeubles détruits et des débris jonchant les rues.
"Le premier bilan est de 15 maisons endommagées, qui ne sont plus habitables", a dit à l'AFP le maire de la ville Daoud Ezzedine. "Les habitants veulent revenir chez eux, mais ils ne pourront pas malheureusement", a-t-il ajouté.
Plus tard lundi, l'armée israélienne a lancé un avis d'évacuation concernant plus de 40 localités du sud du Liban. Et une agence libanaise a rapporté plusieurs frappes.
Le ministère libanais de la Santé a déclaré qu'une attaque israélienne avait tué lundi un ambulancier des Scouts Risala, une organisation de secours relevant d'un mouvement allié au Hezbollah. Il a aussi annoncé que deux secouristes du Comité islamique de la santé, également affilié au Hezbollah, avaient été tués par une frappe israélienne dimanche.
Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X que l'OMS avait enregistré "92 attaques contre des établissements de santé, des véhicules médicaux, du personnel soignant et des entrepôts" depuis le début de la guerre.