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Le président du Parlement iranien a exigé vendredi une trêve au Liban et le déblocage des actifs de son pays avant toute négociation de paix avec les Etats-Unis, jetant un doute sur la tenue de ces pourparlers au moment où le vice-président américain JD Vance est en route vers le Pakistan pour y participer.
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"Deux des mesures sur lesquelles les parties se sont mises d'accord doivent encore être appliquées: un cessez-le-feu au Liban et le déblocage des actifs de l'Iran, avant le début des négociations", a affirmé Mohammad Bagher Ghalibaf en anglais sur son compte X.
Plus tôt, avant d'embarquer pour Islamabad, M. Vance avait appelé Téhéran à "ne pas se jouer" de Washington, tout en promettant d'"essayer de mener des négociations positives". "Si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main", a-t-il assuré.
Depuis la conclusion de la trêve de deux semaines, Téhéran et Washington s'opposent sur la question de l'inclusion du Liban dans l'accord, alors qu'Israël s'est dit déterminé à y continuer sa lutte contre le Hezbollah pro-iranien.
Quelques heures à peine après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, des frappes israéliennes ont fait plus de 300 morts mercredi au Liban.
Ce sont les plus meurtrières dans ce pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran et qui s'est propagée dans la région, faisant des milliers de morts.
Vendredi, de nouvelles frappes ont tué 13 membres des forces de sécurité dans le sud du Liban, selon l'agence de presse d'Etat libanaise.
Israéliens et Américains affirment de leur côté que le Liban n'est pas concerné par l'accord.
- Islamabad sous haute sécurité -
Placée sous haute sécurité, Islamabad s'est transformée en ville fantôme, où les négociations doivent se tenir dans un hôtel de luxe.
Sur une grande banderole déployée sur un pont routier, s'affiche le message "Négociations à Islamabad avril 2026", surplombé de drapeaux américains et iraniens.
Le Pakistan avait invité les délégations à se retrouver vendredi, mais l'arrivée de JD Vance n'est prévue que samedi matin.
Cet isolationniste, opposé selon le New York Times à l'offensive américaine en Iran, mène l'équipe américaine, aux côtés de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.
Côté iranien, le flou règne en revanche sur le départ d'une délégation pour Islamabad.
"Les informations relayées par certains médias selon lesquelles une équipe de négociateurs iraniens serait arrivée à Islamabad (...) sont totalement fausses", a rapporté l'agence de presse iranienne Tasnim, ajoutant que les négociations sont suspendues "tant que les Etats-Unis ne respecteront pas leur engagement de cessez-le-feu au Liban".
Des Iraniens ont témoigné auprès de l'AFP de leurs doutes, comme cet habitant de Téhéran, âgé de 30 ans, s'exprimant sous couvert d'anonymat.
"On ne devrait pas prendre Trump aussi au sérieux. Il veut rayer une civilisation de la carte et douze heures plus tard, met en place un cessez-le-feu qui ne repose sur rien", résume-t-il.
- Pourparlers attendus sur le Liban -
Parallèlement aux discussions irano-américaines, des pourparlers doivent avoir lieu la semaine prochaine entre Liban et Israël à Washington, selon un responsable américain.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé peu auparavant avoir ordonné à son cabinet d'engager des "négociations directes" avec Beyrouth.
Le Hezbollah rejette cette initiative, et son chef Naïm Qassem a appelé vendredi les responsables libanais à ne pas faire de "concessions gratuites" à Israël.
L'ONU, inquiet de l'accroissement rapide de l'insécurité alimentaire au Liban, a critiqué la poursuite des frappes israéliennes dans ce pays, entraîné début mars dans le conflit par le Hezbollah qui a attaqué Israël en riposte à l'offensive israélo-américaine en Iran.
Israël a de nouveau été visé par une trentaine de tirs en provenance du Liban vendredi, provoquant des dégâts matériels, selon l'armée israélienne.
- Revendications opposées -
Autre ombre sur les négociations, le détroit d'Ormuz. Le trafic reste entravé dans cette voie maritime stratégique pour le pétrole, quasi bloquée par l'Iran depuis le début de la guerre, alors que sa réouverture était une condition du cessez-le-feu.
"Ce n'est pas l'accord que nous avons!", a lancé Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
La principale association européenne d'aéroports a mis en garde vendredi contre une pénurie de kérosène "si le passage par le détroit d'Ormuz ne reprenait pas de manière stable et significative dans les trois prochaines semaines".
Les deux belligérants s'opposent aussi sur le dossier clé du nucléaire.
Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a ainsi exclu toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des demandes fondamentales des Etats-Unis et d'Israël qui accusent Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique. La République islamique défend elle son droit au nucléaire civil.
Après l'intense mais bref soulagement apporté par la trêve, la prudence règne sur les marchés financiers, à l'équilibre ou enregistrant de faibles gains vendredi, tandis que le prix du pétrole s'est stabilisé sous 100 dollars.