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Le Premier ministre canadien Mark Carney devrait obtenir lundi, un an après son arrivée au pouvoir, une majorité parlementaire, lui donnant les coudées franches pour accélérer les réformes visant à remanier une économie menacée par les États-Unis.
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Trois élections partielles ont lieu lundi en Ontario et au Québec et les candidats libéraux du parti de Mark Carney sont donnés largement favoris pour les deux premières circonscriptions et sont au coude-à-coude dans la troisième.
Les libéraux, qui ont récemment engrangé plusieurs ralliements de députés de l'opposition, détiennent actuellement 171 sièges à la Chambre des communes, qui en compte 343.
Au Canada, les gouvernements minoritaires ont une durée de vie moyenne de 18 mois avant d'être contraints de déclencher des élections. Avec une majorité, le gouvernement de M. Carney serait à l'abri jusqu'en 2029.
Il y a un an, cet ancien banquier central avait créé la surprise dans un contexte très défavorable pour son parti après dix années de gouvernement de Justin Trudeau.
C'est son discours et sa stature d'économiste habitué à la gestion de crises qui avaient convaincu les Canadiens, très inquiets pour l'avenir de leur pays que Donald Trump rêve de transformer en 51e Etat américain.
"Nous sommes au milieu d'une transformation qui va redéfinir le pays pour les générations à venir", a lancé Mark Carney pendant le week-end devant ses partisans, les appelant à mettre les "différences de moindre importance" de côté.
"Des députés ont changé de camp pour rejoindre notre équipe. Ils comprennent l'importance de ce qui est en jeu. Ils ont la conviction qu'ensemble, nous pouvons mieux y arriver."
- "Moment historique" -
Le retour de Donald Trump au pouvoir a particulièrement ébranlé les Canadiens qui ont rapidement constaté les effets de sa politique.
L'économie a ralenti au cours de l'année écoulée, affectée par l'imposition de droits de douane américains sur des secteurs clés comme l'acier ou l'automobile.
Sans basculer en récession, le pays a vu les suppressions d'emplois se multiplier dans les secteurs exposés et les embauches ralentir ailleurs - en mars, le chômage s'est établi à 6,7%.
Mais dans ce contexte, Mark Carney est parvenu à créer une dynamique derrière lui en "mettant l'accent sur le moment historique que nous vivons", estime la politologue Geneviève Tellier de l'Université d'Ottawa.
"Et jusqu'ici, sa volonté de rassembler semble fonctionner, ajoute-t-elle auprès de l'AFP. Dans un moment de grande polarisation politique, il cherche à démontrer qu'il peut travailler avec tout le monde".
Selon un sondage Nanos réalisé ce mois-ci, M. Carney est le Premier ministre préféré de 54% des personnes interrogées. Seuls 23% d'entre elles préfèrent son principal opposant, le conservateur Pierre Poilievre.
Toutefois, une épée de Damoclès pèse au-dessus de Mark Carney: la question du pouvoir d'achat.
L'institut Angus Reid a noté le mois dernier que "les préoccupations liées au coût de la vie élevé sont plus fortes qu'elles ne l'ont été dans un passé récent pour les Canadiens à plus faible revenu".
Plus de 40% des Canadiens disent ressentir une pression financière moyenne ou élevée, notamment en raison du coût de l'alimentation et de leur niveau d'endettement, selon la même enquête.
Les bureaux de vote ferment à 20h30 (00H30 GMT mardi) et les résultats devraient être connus dans les heures qui suivent.