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Le Liban vivait vendredi son premier jour de trêve dans la guerre entre Israël et le Hezbollah, entraînant le retour de nombreux déplacés dans leurs foyers, un ministre israélien avertissant cependant que "l'opération" contre le mouvement pro-iranien n'était pas terminée.
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Le cessez-le-feu a débuté à minuit heure locale (21H00 GMT jeudi), après un mois et demi de conflit qui a fait côté libanais près de 2.200 morts et jeté sur les routes plus d'un million de personnes.
Dès jeudi soir, des tirs de célébration ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon des journalistes de l'AFP. Et vendredi, l'autoroute du sud s'est remplie d'une longue file de voitures, les toits chargés de matelas et de meubles.
Un embouteillage monstre s'est formé devant le pont de Qasmiyeh qui relie la région de Tyr (sud) au reste du pays. Le pont, endommagé la veille par des frappes israéliennes, a été rendu praticable dans l'urgence par l'armée libanaise.
"Même si nous ne retrouvons pas nos maisons, l'important c'est de rentrer sur notre terre", ajoute à l'AFP ce père de trois enfants.
Les gens rentrant dans la région sud, un fief du Hezbollah, ont manifestement décidé d'ignorer les appels de l'armée israélienne à ne pas revenir sur la rive sud du fleuve Litani, près de la frontière israélo-libanaise.
Avertissant qu'Israël n'avait pas terminé son "opération" contre le Hezbollah, le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, les a avertis qu'ils devront à nouveau quitter la zone "si les combats reprennent".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait par ailleurs prévenu jeudi que l'armée resterait présente dans une bande de 10 km de profondeur depuis la frontière pendant la trêve.
- "Violations de l'accord" -
Dans la banlieue sud de Beyrouth, lourdement pilonnée par Israël et où beaucoup d'immeubles sont détruits, des habitants reviennent dans leurs quartiers découvrir l'étendue des dégâts.
"On allait chaque jour dans un lieu différent, parce qu'on ne trouvait pas de place dans le centre d'accueil", raconte Insaf Ezzeddine, qui revient à moto avec son mari et sa fille dans leur quartier.
"Notre maison a été très endommagée par les frappes, mais grâce à Dieu il y a eu le cessez-le-feu et j'espère que la guerre va s'arrêter", ajoute cette femme de 42 ans.
Jusqu'aux derniers instants avant l'entrée en vigueur de la trêve, le Hezbollah a continué à revendiquer des tirs contre le nord d'Israël et contre l'armée israélienne présente sur le sol libanais.
Et au moins 13 personnes ont été tuées, 35 blessées et 15 étaient portées disparues après des frappes israéliennes vendredi sur Tyr quelques minutes avant la fin des combats, selon un responsable de la municipalité.
L'armée libanaise a dénoncé vendredi des violations de l'accord de trêve, appelant aussi les déplacés à s'abstenir de retourner immédiatement dans le sud du pays.
- Occasion "historique" -
Le Hezbollah, qui a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'attaque israélo-américaine contre l'Iran, a prévenu que ses combattants gardaient le "doigt sur la gâchette" car ils se méfient de la traîtrise de l'ennemi".
Israël a indiqué de son côté se réserver le droit "de prendre à tout moment toutes les mesures nécessaires à sa légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".
Le département d'Etat américain a affirmé que l'armée libanaise devait "empêcher le Hezbollah et les autres groupes armés non étatiques" de frapper des cibles israéliennes, avec un "soutien de la communauté international" dont les contours n'ont pas été précisés.
L'accord a été arraché par Donald Trump, qui a annoncé jeudi ce cessez-le-feu de dix jours, ajoutant qu'il s'efforçait d'organiser la première rencontre à la Maison Blanche entre le président du Liban Joseph Aoun et M. Netanyahu.
M. Aoun jugé "cruciaux" les pourparlers avec Israël et M. Netanyahu a qualifié la trêve d'occasion de "paix historique", tout en rappelant son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable.
La trêve était réclamée par Téhéran, comme une des conditions à la reprise de pourparlers avec Washington en vue de prolonger le cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis et de travailler aux conditions d'une paix durable.
Ces tractations se poursuivent, sous l'égide du Pakistan, pour organiser une deuxième session de négociations après une première qui s'est tenue à Islamabad le week-end dernier. Le cessez-le-feu, entré en vigueur le 8 avril, tenait toujours vendredi.
Le président américain a assuré que les deux pays étaient "très proches" d'un accord. Il a aussi affirmé que Téhéran avait accepté de céder son uranium enrichi, une de ses principales exigences. Des propos non confirmés, depuis, par le gouvernement iranien.