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Les opposants à Donald Trump aux Etats-Unis défilent sous des bannières "No Kings" (Pas de rois) mais, mardi, le président américain n'a rien caché de sa fascination pour la monarchie en recevant le roi Charles III et la reine Camilla.
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C'est un trait héréditaire, semble-t-il.
Dans un discours à la Maison Blanche, en présence du couple royal, le dirigeant républicain a raconté que sa mère, immigrée écossaise, était toujours "rivée à la télé" pour suivre la famille royale britannique et assure qu'elle avait même un "faible" pour le fils de la reine Elizabeth II.
"Je me souviens très clairement l'entendre dire +Charles, regarde, le jeune Charles, il est si mignon", a dit Donald Trump.
Il a ainsi écrit mardi sur son réseau Truth Social qu'il avait "toujours voulu vivre à Buckingham" Palace, en joignant un article de presse lui attribuant un lien de parenté avec Charles III.
- "DEUX ROIS" -
La Maison Blanche a publié sur son compte X une photo de Donald Trump et de Charles avec le commentaire "DEUX ROIS" accompagné d'une petite couronne.
Dans son allocution mardi, le dirigeant républicain a évoqué les pères fondateurs des Etats-Unis, qui ont rompu avec la Couronne britannique.
George Washington et John Adams "seraient absolument scandalisés, mais seulement pour un instant", en voyant le roi d'Angleterre reçu avec autant de faste, a lancé Donald Trump.
Les deux premiers présidents des Etats-Unis "seraient ravis que les blessures de la guerre (d'indépendance) aient cicatrisé pour donner naissance à la plus précieuse des amitiés", a-t-il affirmé.
Le président américain est souvent accusé de tendances autoritaires par ses opposants, qui se réunissent lors de manifestations ayant pour mot d'ordre "No Kings", rappelant que l'Amérique est née du rejet de l'absolutisme.
Les adversaires de Donald Trump lui reprochent de dénaturer la présidence, en allant contre l'équilibre des institutions, en personnifiant sa fonction à l'excès et en lançant des chantiers clinquants, qui vont à l'encontre de la relative sobriété observée par ses prédécesseurs.
- Personnification -
La cérémonie d'accueil du couple royal britannique mardi s'est déroulée à quelques mètres du chantier d'une monumentale salle de bal voulue par Donald Trump.
Des bruits de constructions étaient audibles entre deux morceaux de la fanfare militaire, tandis que deux grues géantes continuaient leurs manoeuvres, indifférentes aux coups de canon tirés en l'honneur de Charles III.
Le gouvernement américain a annoncé mardi une initiative inédite qui alimentera à coup sûr les reproches de dérive monarchique.
Le département d'Etat va émettre des passeports contenant un portrait de Donald Trump, une série limitée destinée à commémorer les 250 ans du pays.
Le milliardaire va déjà figurer sur une pièce de monnaie commémorative, une pratique courante pour des monarques, mais du jamais-vu pour un président en exercice aux Etats-Unis.
- "Noble esprit britannique" -
Donald Trump a aussi profité de la venue de Charles III pour exposer son idéologie identitaire, en évoquant des liens de "sang" entre les deux nations et une culture anglo-saxonne commune.
Il a déclaré que les colons venus de l'autre côté de l'océan avaient apporté "le noble esprit britannique sur un continent sauvage et indompté", passant donc sous silence les premiers habitants, les Indiens d'Amérique.
Il a aussi estimé que les Etats-Unis n'avaient pas été fondés seulement sur un "idéal", rompant avec la conception universaliste de l'identité américaine promue en particulier par son prédécesseur démocrate Joe Biden.
Ces passages de son discours ont été republiés sur X par le conseiller Stephen Miller, tenant d'une ligne identitaire très dure, ou encore par l'influenceur de droite radicale Jack Posobiec.