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Les électeurs colombiens votent dimanche pour choisir leur futur président, entre un avocat antisystème adepte de la manière forte et un allié du premier gouvernement de gauche de l'histoire du pays, lors d'un second tour sur fond de résurgence de la violence.
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Le millionnaire Abelardo de la Espriella, un novice en politique de 47 ans soutenu par le président américain, Donald Trump, se présente en "outsider" et en patriote.
Il a connu une ascension fulgurante avec un discours virulent contre les guérillas et la gauche, au pouvoir pour la première fois avec le président sortant Gustavo Petro.
Vêtu d'un maillot de l'équipe colombienne de football, l'avocat a voté à Barranquilla (nord), entouré de centaines de partisans scandant "Dehors, Petro!".
Philosophe et défenseur des droits humains, un temps donné favori du scrutin, M. Cepeda a été devancé par son rival de droite dure lors du premier tour.
En allant voter dans une école d'un quartier populaire de Bogota, il a promis qu'il gouvernerait "pour l'ensemble du pays".
Quelque 41 millions d'électeurs étaient appelés à se rendre dans les bureaux de vote qui fermeront à 16H00 (21H00 GMT). Les résultats préliminaires sont attendus peu de temps après.
La présidentielle a lieu dans un contexte tendu. La Colombie connaît une flambée de violence inédite depuis dix ans et la signature en 2016 de l'accord de paix avec la guérilla des Farc, avec des dirigeants communautaires menacés voire tués, des attentats à la bombe contre des civils et un prétendant à la présidence assassiné.
"La peur a augmenté ces derniers temps parce que les groupes armés se sont beaucoup renforcés", estime Jesus Alberto, un commerçant de 58 ans dans le département du Cauca (sud-ouest), miné par la violence des guérillas.
- "Peur" -
Le millionnaire répète vouloir "défendre la Colombie par la raison ou par la force", à l'opposé de la politique de Gustavo Petro visant à négocier la paix avec les groupes armés.
Ivan Cepeda, fils d'un homme politique communiste assassiné par des policiers avec l'aide de paramilitaires, est de son côté un ardent défenseur des victimes du conflit armé colombien, vieux de six décennies.
Il a été l'un des artisans de la stratégie de "paix totale" du gouvernement Petro, qui a produit de maigres résultats. Dans un entretien à l'AFP, il s'est dit prêt à y apporter des changements.
Le progressiste promet également d'approfondir les réformes sociales.
Pour le sympathisant Andrés Julio Meza, un commerçant de 54 ans dans la capitale, "une victoire de la droite serait le pire des scénarios". "On retournerait 200 ans en arrière, ils nous enlèveraient nos droits fondamentaux", redoute-t-il, appelant à voter "pour l'équité et la justice sociale".
- "Solutions choc" -
Admirateur des présidents salvadorien Nayib Bukele, argentin Javier Milei et américain Donald Trump, le candidat de la droite dure promet de faire construire des méga-prisons où les détenus seraient nourris "de pain et d'eau", de bombarder les camps de narcotrafiquants avec le soutien des Etats-Unis et d'Israël et de réduire de 40% l'appareil d'Etat.
Critiqué pour ses déclarations misogynes et homophobes et pour avoir défendu des paramilitaires et trafiquants de drogue, Abelardo de la Espriella défend également le port d'armes et l'essor de la fracturation hydraulique.
Les relations avec Washington, allié historique de Bogota, sont un autre marqueur de la campagne.
A l'heure où de nombreux pays latino-américains ont viré à droite, Ivan Cepeda a prévenu que son pays ne se transformerait pas en "colonie" des Etats-Unis.