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Le premier ministre britannique Keir Starmer prépare sa riposte après la défaite des travaillistes aux élections locales de jeudi en Grande-Bretagne, déterminé à rester à Downing Street malgré les appels croissants samedi à son départ dans son propre camp.
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Le chef du gouvernement, très impopulaire, a promis d'"écouter les électeurs" sans pour autant "prendre un virage à droite ou à gauche", dans une tribune publiée samedi dans le quotidien de gauche The Guardian, alors que le scrutin a été marqué par la forte progression du parti anti-immigration Reform UK et du parti des Verts, très à gauche.
Keir Starmer affirme qu'il définira "dans les jours qui viennent" la voie à suivre et "le travail que fera (son) gouvernement dans les prochains mois".
Il doit prendre la parole lundi, selon plusieurs médias britanniques, qui évoquent un possible remaniement.
Est-ce que cela suffira à calmer le mécontentement qui monte au sein du camp travailliste ?
"Si nous continuons avec Keir Starmer comme chef pour la prochaine élection, cela va être un désastre", a affirmé le député Clive Betts, samedi sur Times radio. Les électeurs "ne l'écoutent plus", a-t-il insisté.
Mais Keir Starmer a déjà dit vendredi qu'il n'entendait pas démissionner. Et il garde à ce stade le soutien des ténors de l'exécutif, qui ont publié une série de messages de soutien dans la soirée de vendredi.
- Retour de Gordon Brown -
Samedi matin le chef du gouvernement s'est affiché à Downing Street avec deux poids lourds du Labour. Il a reçu l'ancien Premier ministre Gordon Brown, qu'il a nommé conseiller chargé de la finance mondiale, prenant la pose avec lui devant n°10. Et il a nommé l'ancienne vice-présidente du parti Harriet Harman comme conseillère, chargée de la lutte contre les violences sur les femmes et les filles.
Un important rendez-vous l'attend mercredi, avec le solennel discours du roi devant le Parlement. Charles III y détaillera les projets de loi que le gouvernement prépare pour la prochaine session parlementaire.
Dans sa tribune au Guardian, Keir Starmer a reconnu des "erreurs" et estimé que les résultats "douloureux" des élections locales et la "fragmentation politique" sont la conséquence d'électeurs "frustrés par le statu quo".
"Notre mission est de les convaincre que nous avons des réponses progressistes aux problèmes et défis qu'ils affrontent", a-t-il ajouté, citant le coût de la vie, l'immigration ou le manque d'opportunité pour les jeunes.
Mais s'il a obtenu un sursis, "il n'y a aucun exemple d'un Premier ministre qui a réussi à redresser une telle impopularité (...). Les gens ont décidé qu'ils ne l'aiment pas et je ne crois pas qu'ils vont changer d'avis", souligne auprès de l'AFP Robert Ford, professeur de sciences politiques à l'université de Manchester.
- Fragmentation -
Alors que quasiment tous les résultats du scrutin sont tombés, le tableau est sombre pour le Labour.
Au Pays de Galles, il a perdu le pouvoir au Parlement local ce qui n'était jamais arrivé depuis sa création en 1999, au profit du parti indépendantiste Plaid Cymru.
En Ecosse, il a reculé et termine au coude à coude avec Reform UK, dans un Parlement qui reste dominé par le parti indépendantiste SNP, avec 58 sièges sur 129.
En Angleterre, où 5.000 sièges de conseillers locaux étaient à pourvoir, les travaillistes en ont gagné 997 et perdu 1.406. Le parti de Nigel Farage, Reform UK, ressort en tête avec 1.444 sièges remportés et prend le contrôle de 14 conseils locaux, selon le décompte quasi-complet de la BBC.
Le Labour a perdu du terrain y compris dans le traditionnel "mur rouge" du nord de l'Angleterre.
Le scrutin est aussi marqué par le recul des Conservateurs (773 élus), derrière le parti Libéral-démocrates (834), et par la progression des Verts, parti très à gauche dirigé par Zack Polanski (515 sièges).