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Les dirigeants européens ont convoqué mardi les représentants russes dans leur zone après l'appel de Moscou aux diplomates étrangers à quitter Kiev avant de nouvelles frappes russes sur la capitale ukrainienne, déjà massivement bombardée le week-end dernier.
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La Russie fait planer depuis plusieurs jours la menace d'une escalade dans ses attaques sur l'Ukraine, plus de quatre ans après avoir lancé ses troupes à l'assaut du pays, pour se venger d'une frappe ukrainienne ayant tué selon Moscou 21 personnes dans un lycée en territoire occupé.
La diplomatie russe a ainsi appelé lundi les ressortissants étrangers vivant à Kiev, dont les personnels diplomatiques, à quitter la capitale ukrainienne avant de nouveaux bombardements.
L'Allemagne, l'un des principaux alliés de Kiev, a également convoqué l'ambassadeur russe et assuré qu'elle "ne se laisserait pas intimider" et "continuera à soutenir l'Ukraine de toutes ses forces".
Le représentant russe à Oslo a également été convoqué par la Norvège, pays européen non membre de l'UE, pour protester contre les "menaces".
Chose rare, l'avertissement de Moscou a été répété individuellement par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à son homologue américain Marco Rubio, qui a fait savoir qu'il avait transmis le message au président Donald Trump.
"Les Etats-Unis (sont) prêts et disposés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faciliter la fin de cette guerre, et nous espérons que l'occasion se présentera à un moment donné", a déclaré le secrétaire d'Etat américain.
- "Centres de décision" -
M. Lavrov a lui assuré mardi avoir "expliqué au secrétaire d'Etat ce qui nous a conduit à cette décision" et selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, Washington "a pris bonne note de tous les messages transmis" par Moscou.
A l'ONU, une cinquantaine d'Etats ont dénoncé mardi les "menaces récentes" de Moscou contre les diplomates à Kiev.
Dans son message d'avertissement lundi, Moscou a dit prévoir des frappes contre les "centres de décision" et "entreprises du complexe militaro-industriel" à Kiev, appelant les étrangers à quitter la ville et les habitants à s'éloigner des infrastructures militaires.
Selon Moscou, cette décision a été motivée par des frappes ukrainiennes sur des cibles civiles, et notamment par la destruction vendredi par des drones ukrainiens d'un dortoir où dormaient des dizaines d'adolescents.
Cette attaque a fait, selon un dernier bilan russe, 21 morts et plus de 40 blessés à Starobilsk (Starobelsk en russe), dans la région de Lougansk occupée par la Russie dans l'est de l'Ukraine.
L'état-major de l'armée ukrainienne a affirmé que ses forces avaient bombardé cette nuit-là plusieurs sites militaires russes, dont un "quartier général" d'une unité située "dans la zone" de Starobilsk.
La presse russe a de son côté publié l'identité des victimes, des adolescents, les témoignages des rescapés et des proches tués.
Cette "attaque sanglante" et "délibérée" est "la goutte d'eau qui fait déborder le vase", a justifié le ministère russe lundi.
- "Nouvelle escalade" -
L'armée russe a mené, en plus de quatre ans, des bombardements destructeurs à de nombreuses reprises à Kiev et dans d'autres villes.
Le week-end dernier, elle a attaqué l'Ukraine avec des centaines de drones et de nombreux missiles, dont un Orechnik de dernière génération, utilisé pour la troisième fois du conflit.
Moscou avait déjà appelé les diplomates étrangers à quitter Kiev avant le défilé du 9-Mai sur la place Rouge à Moscou en cas de représailles contre l'Ukraine, mais un cessez-le-feu temporaire avait été annoncé in extremis par le président américain Donald Trump.
Les efforts américains pour trouver une issue au conflit sont cependant au point mort depuis le déclenchement le 28 février de la guerre au Moyen-Orient. Ils buttaient déjà sur la question des territoires que la Russie réclame à l'Ukraine.
M. Riabkov a estimé que "le risque d'un affrontement direct entre l'Otan" et la Russie "s'accroît".
Il a accusé les Européens, soutiens de l'Ukraine, d'être "les principaux provocateurs" dans ce conflit et d'"entraîner une nouvelle escalade" avec Moscou.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, en visite mardi à Vilnius, a elle fait porter la responsabilité des récentes alertes aux drones dans les Etats baltes sur la Russie, l'accusant de chercher à "déstabiliser" l'UE.
Les Etats baltes accusent la Russie de dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens initialement destinés à frapper le sol russe. Moscou dément et accuse au contraire ces pays d'être une plateforme de lancement d'engins ukrainiens vers la Russie.