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L'Iran a menacé lundi d'ouvrir de "nouveaux fronts" face à l'offensive d'Israël au Liban, éloignant un peu plus les perspectives d'une issue à la guerre au Moyen-Orient, déjà assombries par des affrontements ce weekend avec les Etats-Unis.
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L'agence de presse iranienne Tasnim a même affirmé que Téhéran avait suspendu le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre". L'information n'a pour l'heure pas été confirmée de source officielle iranienne.
Donald Trump a déclaré à NBC qu'il n'était pas au courant. "C'est ok pour moi s'ils ne veulent plus parler, je ne veux pas particulièrement parler non plus, on a trop parlé", a-t-il ajouté avant de nuancer: "ça ne veut pas dire qu'on va se mettre à tout bombarder".
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont averti que "les lignes rouges franchies" au Liban et à Gaza équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.
"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont menacé les Gardiens, tandis qu'un conseiller du Guide suprême prévenait sur X que "la patience des forces armées iraniennes a ses limites".
- Envolée du pétrole -
Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab al-Mandab, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.
Un navire été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Dans ce contexte, les Bourses européennes ont basculé dans le rouge et vers 16H00 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, remontait brutalement (+6,44%) à 96.99 dollars le baril.
L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.
Les forces israéliennes, qui disent vouloir "écraser" le Hezbollah pro-iranien, se sont avancées en territoire libanais comme jamais depuis plus de 25 ans et ont appelé lundi à l'évacuation de la banlieue sud de Beyrouth, menaçant de frapper ce bastion du mouvement chiite.
Une réunion d'urgence sur le Liban est prévue lundi au Conseil de sécurité des Nations Unies, à la demande de la France, qui a estimé dimanche que "rien ne justifiait l'escalade majeure en cours au Liban".
Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.
D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire".
L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.
Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des des missiles et drones "hostiles" et les a attribué à l'Iran.
Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.
- Nouvelle proposition -
La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.
Avant les menaces des Gardiens, le président iranien avait promis lundi lors d'un appel téléphonique à la Première ministre japonaise que son pays faciliterait le passage du détroit d'Ormuz aux navires japonais.
Alors que Téhéran et Washington semblaient ces derniers jours avancer vers un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition, envoyant une nouvelle version d'un protocole d'accord à Téhéran.
Selon CBS, cette nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses pour la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.