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Le procureur de Brest a annoncé jeudi la levée de la garde à vue du commandant du Tagor, pétrolier de la flotte fantôme russe arraisonné dans l'océan Atlantique par la marine française.
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Cette fin de garde à vue, intervenue dès mercredi soir, a été décidée "afin de permettre la poursuite d'investigations judiciaires denses et complexes", a précisé le procureur Stéphane Kellenberger, dans un communiqué, ajoutant que le navire restait "immobilisé" en baie de Douarnenez (Finistère, ouest) sur "décision administrative".
Le magistrat ne donne aucune précision sur la suite de l'enquête, annonçant simplement une "nouvelle communication" dans "les prochains jours, voire les prochaines semaines".
Le commandant, de nationalité russe, avait été placé en garde à vue mardi midi, peu après l'arrivée de son pétrolier dans la baie de Douarnenez, dans le cadre d'une enquête ouverte pour défaut de pavillon et refus d'obtempérer en mer.
Le pétrolier avait été arraisonné à plus de 400 milles nautiques (740 km) à l'ouest de la Bretagne par la marine française qui le soupçonnait d'arborer un faux pavillon camerounais.
Sous sanctions des États-Unis et de l'Union européenne, le Tagor a changé à de multiples reprises de pavillon, arborant notamment celui de Madagascar, des Iles Marshall ou du Panama.
Dimanche, la marine française a donc demandé à visiter le bateau, comme le permet la convention de Montego Bay sur le droit de la mer. Mais le commandant a refusé d'obtempérer aux consignes des militaires, qui ont dès lors décidé de prendre le contrôle du pétrolier et de le détourner vers la France, selon le procureur.
Le navire serait lié au magnat iranien du pétrole Mohammad Hossein Shamkhani, selon le site Opensanctions.org.
Le Tagor est le quatrième pétrolier de la flotte fantôme, utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole, à être intercepté en mer par la France depuis septembre 2025.
Fin janvier, le pétrolier Grinch avait été immobilisé près d'un mois près du terminal pétrolier du port de Marseille-Fos (sud-est). Le navire avait pu repartir après paiement d'une amende de "plusieurs millions d'euros", selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.