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"Vous ne pourrez pas dire, si malheur arrive, +je ne savais pas+": Jean-Luc Mélenchon a tenu dimanche, lors de son premier meeting de campagne, à s'imposer comme la seule option possible à gauche pour l'emporter face au Rassemblement national, en décrétant notamment que la primaire unitaire était "finie".
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"Chaque voix compte dès le premier tour (...) Le deuxième tour, ceux qui n'ont aucune chance d'y accéder devraient se garder de nous empêcher d'essayer de le gagner", a prévenu le candidat LFI, à l'attention du reste de la gauche.
Pour son premier meeting de campagne présidentielle, le tribun Insoumis a pris la parole pendant une heure devant 26.000 personnes - selon les organisateurs -, à Saint-Denis, place Victor Hugo.
Un lieu symbolique, situé entre la mairie, dirigée par l'Insoumis Bally Bagayoko depuis les dernières municipales, et la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France.
Dans la plus grande ville de banlieue parisienne, les Insoumis entendaient faire une "démonstration de force".
Et s'imposer comme la seule option crédible à gauche, en surfant sur le bon lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon le mois dernier, avec notamment des sondages qui le donnent parfois aux portes du second tour - même si ces enquêtes lui promettent une large défaite face à Jordan Bardella ou Marine Le Pen.
Alors que les experts estiment qu'une victoire du Rassemblement national en 2027 est plus que possible, le tribun insoumis s'est ainsi présenté comme la seule alternative face au RN, qu'il a accusé de promouvoir un "suprémacisme" visant à diviser les peuples "en ethnie et en religion".
Aucune mention des candidats macronistes Gabriel Attal et Edouard Philippe, mais une affirmation: "Le macronisme restera la régression sociale et la misère pour le plus grand nombre".
- "On est chez nous" -
Aux côtés de Bally Bagayoko et des élus du mouvement de gauche radicale présents en nombre, Jean-Luc Mélenchon a eu l'occasion de dérouler les principaux axes de son programme et surtout de vanter sa "Nouvelle France": une société plus connectée, urbaine et métissée, qu'il se réjouit de voir notamment incarnée par un maire d'origine malienne prenant la parole devant la nécropole des rois de France.
"On a vu s'enflammer les obsédés de la race, qui, projetant sur nous leurs névroses communautaristes, se sont emportés à nous montrer du doigt", a-t-il regretté.
"Nous ne renierons pas, mesdames et messieurs les fachos, les sacrifices et l'amour de nos grands-parents qui nous permettent d'être ici dans ce pays qu'ils ont tant contribué à bâtir", a-t-il repris.
"On est chez nous!", a-t-il enfin lancé en écho à la foule. Une formule rare dans la bouche d'un dirigeant de gauche, car habituellement utilisée par l'extrême droite et les nationalistes, mais ici détournée.
Outre l'anti-racisme, le quadruple candidat à la présidentielle a également insisté sur un des autres points importants de son programme: la planification écologique.
"Les régions seront entièrement restructurées autour des grands bassins versants des fleuves. Elles seront dédiées à la bifurcation écologique", a-t-il proposé.
Avant sa prise de parole, le tribun Insoumis a également pu compter sur le soutien des écrivains Annie Ernaux et Eric Vuillard.
"Le programme de Jean-Luc Mélenchon, c'est un programme de vie fondé sur la justice, la dignité, l'éducation, la culture", a notamment déclaré la prix Nobel de littérature 2022, les épaules recouvertes d'un keffieh.
Après ce meeting de Saint-Denis, d'autres candidats - affirmés ou pressentis - réuniront leurs troupes aux cours des week-ends qui suivent: Raphaël Glucksmann (13 juin), Bruno Retailleau (20 juin) et Edouard Philippe (5 juillet).
Avant un rendez-vous judiciaire majeur: la décision de la cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants RN au Parlement européen (7 juillet), qui décidera du sort de la candidature de Marine Le Pen... ou de Jordan Bardella.