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L'Iran a annoncé lundi l'arrêt de son opération militaire contre Israël, après un message de Donald Trump exhortant les deux pays à cesser "immédiatement" leurs attaques réciproques, les premières depuis la trêve conclue il y a deux mois.
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Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes ont de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv sans qu'aucun blessé ne soit déploré à ce stade.
Depuis dimanche soir, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.
Mais lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", après ce qu'il considère être "une sévère riposte" à Israël. Et le président iranien, Massoud Pezeshkian, assure sur X n'avoir quitté "ni le champ de bataille ni la table des négociations".
Donald Trump, qui n'a pas caché ces derniers jours ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avait juste avant tapé du poing sur la table.
"Israël et l'Iran doivent immédiatement arrêter de +tirer+", avait exhorté sur son réseau Truth Social le président américain, qui cherche une sortie à un conflit très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat.
Israël n'a pas publiquement réagi à ce stade à la demande de son allié américain.
- "Revivre tout ça" -
A Tel-Aviv, le trentenaire Jonathan Ariel n'a pas trouvé "très amusant de se réveiller si tôt le matin et de revivre tout ça, sans savoir combien de temps ça va durer ni ce qui se passe".
La vie quotidienne est à nouveau bousculée en Israël: écoles fermées, transports perturbés. Près de Jéricho, en Cisjordanie occupée, un photographe de l'AFP a vu un missile enfoncé dans le sol sur une colline désertique.
L'espace aérien dans l'ouest de l'Iran a été fermé et les vols des deux aéroports de la capitale suspendus. L'Irak a lui annoncé la réouverture de son espace aérien lundi en début d'après-midi.
A Téhéran, une puissante explosion a été entendue dans la matinée par un journaliste de l'AFP.
La circulation était moins dense que d'ordinaire dans la capitale, certains habitants semblant être restés chez eux quand d'autres prenaient leurs précautions en faisant la queue pour faire le plein d'essence.
Les Iraniens se disent épuisés par ce conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines, alors que les deux camps se disent prêts à une longue bataille selon des médias locaux.
"Après l'attaque d'hier soir, je n'ai pas pu dormir de la nuit", raconte Maryam, artiste de 36 ans interrogée par l'AFP dans les rues de Téhéran, déplorant que "tout aille vers la destruction et le néant".
- Pourparlers "affectés" -
Quelques heures plus tôt, la télévision d'Etat iranienne avait rapporté des explosions à Téhéran, Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), Israël indiquant de son côté avoir frappé et détruit des systèmes de défense.
Une usine pétrochimique à Mahshahr (sud-ouest) a également été endommagée et son personnel évacué, selon les médias iraniens.
Cette reprise des hostilités "affectera" les pourparlers avec les Etats-Unis même si les tractations via le médiateur pakistanais se poursuivent, assure la diplomatie iranienne, ce qu'a confirmé Donald Trump, regrettant que le processus soit freiné par "l'ignorance ou la stupidité".
Le Moyen-Orient "n'a pas besoin d'une escalade", a regretté la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas, tandis que Paris a appelé "toutes les parties à la retenue maximale".
- Pétrole en hausse -
Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, les rebelles houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont revendiqué de leur côté une attaque contre Israël depuis le Yémen et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.
Dans ce contexte fébrile, les prix du pétrole, qui ont déjà flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, grimpent et les Bourses européennes évoluent prudemment.