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Le réfugié soudanais accusé d'une attaque au couteau à Belfast qui a choqué le Royaume-Uni doit comparaître mercredi devant un juge, après une soirée de violentes manifestations anti-immigrés dans cette ville d'Irlande du Nord.
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La vidéo de cette attaque, qui a eu lieu lundi et qui montre l'assaillant assis sur un homme à terre, en sang, lui portant des coups, a été largement partagée sur les réseaux sociaux.
Condamnée unanimement par la classe politique britannique, dont le Premier ministre Keir Starmer, elle a suscité des appels à manifester, relayés par des figures de l'extrême droite, notamment le militant Tommy Robinson - de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon - et soutenus par le milliardaire américain Elon Musk.
Visages masqués, certains manifestants ont incendié des bus, des véhicules et des habitations, obligeant les pompiers à évacuer des habitants, selon des journalistes de l'AFP et des images de médias britanniques.
"Des groupes d'hommes masqués qui incendient des maisons où vivent des familles, ce n'est rien d'autre qu'un acte de lâcheté répugnant", a condamné la Première ministre nord-irlandaise, Michelle O'Neill.
"Rien ne peut excuser ni justifier les attaques commises ce soir (mardi)", a-t-elle ajouté sur X, appelant une nouvelle fois au calme.
- Paris, Dublin, Belfast -
Le suspect de l'attaque au couteau, dont l'identité n'a pas été révélée, a été inculpé mardi soir pour tentative de meurtre, possession d'un objet tranchant ou pointu dans un lieu public et menaces de mort.
Le ministère de l'Intérieur a indiqué qu'il s'agit d'un ressortissant soudanais, entré en Irlande du Nord en 2023 en bus depuis la République d'Irlande, d'où il était arrivé depuis la France. Il avait obtenu le statut de réfugié à son arrivée, avec un titre de séjour valide jusqu'en 2028.
La police nord-irlandaise a écarté à ce stade la piste terroriste, même si le motif de l'attaque reste incertain.
La victime, un homme d'une quarantaine d'années, a été hospitalisée dans un état grave, avec d'"importantes blessures aux yeux et de graves lacérations au dos et au visage", selon la police.
La ministre nord-irlandaise de l'Intérieur, Naomi Long, a dénoncé mercredi matin sur la BBC l'action de personnes sur les réseaux sociaux, qui, "hier, auraient eu bien du mal à situer Belfast sur une carte" et qui "ont instrumentalisé la peur légitime que les gens ressentent face aux événements".
"Au bout du compte, si vous chassez des gens de chez eux sur la seule base de la couleur de leur peau, vous ne pouvez pas le présenter autrement, c'est du racisme", a-t-elle ajouté.
- "Scènes horribles" -
Le chef du parti unioniste nord-irlandais UUP, Jon Burrows, a aussi dénoncé ces actes, affirmant s'être rendu sur place mardi soir.
"C'étaient pour la plupart des enfants de moins de 16 ans, le visage couvert, persuadés que leur devoir patriotique était d'aller incendier un bus (...), d'essayer de trouver des maisons liées à des immigrés. Ces scènes étaient absolument horribles", a-t-il raconté sur BBC Ulster.
Des habitants des quartiers concernés interrogés par l'AFP mardi soir faisaient également part de leur inquiétude.
"Ils ont lancé des cocktails Molotov" et "tout d'un coup le feu a pris, on a eu de la fumée dans le bâtiment, et les pompiers nous ont dit de sortir", a témoigné l'un d'eux, Eemran, ingénieur d'origine indienne de 41 ans.
Des personnalités des partis d'extrême droite Reform UK de Nigel Farage, ou de Restore Britain, dirigé par Rupert Lowe, ont mis en cause les politiques migratoires du gouvernement travailliste et de ses prédécesseurs conservateurs.
De violentes manifestations anti-immigrés ont secoué l'Irlande du Nord ces deux dernières années, notamment en juin 2025 et à l'été 2024, ainsi que d'autres endroits du Royaume-Uni.
L'attaque de Belfast survient une semaine après une manifestation émaillée de violences à Southampton, pour dénoncer la façon dont la police locale a géré, en décembre, le meurtre d'un étudiant blanc, Henry Nowak, par un jeune homme sikh.
Des figures de l'extrême droite, parmi lesquelles Tommy Robinson, y avaient participé.