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Belfast n'a pas connu de nouveaux heurts jeudi soir après deux nuits de violences et d'incidents qualifiés de "racistes" par les autorités, et qui ont éclaté après une attaque au couteau pour laquelle un réfugié soudanais a été inculpé.
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Plusieurs groupes d'individus se sont rassemblés à divers endroits de la capitale nord-irlandaise dans la soirée mais se sont dispersés dans le calme, ont constaté des journalistes de l'AFP, alors que la police avait prévenu qu'elle avait renforcé ses effectifs sur le terrain.
La veille, des dizaines de manifestants masqués ont affronté la police anti-émeutes jusque tard dans la nuit à Glengormley, quartier au nord de Belfast, lançant des projectiles et des cocktails molotov sur les forces de l'ordre, qui ont fait usage d'un canon à eau pour les disperser.
Douze policiers ont été blessés dans ce quartier et dans la ville de Portadown, au sud de Belfast, tandis que seize personnes ont été arrêtées, selon la police. Deux d'entre elles, un homme de 28 ans et une femme de 24 ans, ont été inculpées.
Des violences anti-immigrés ont éclaté mardi, au cours desquelles des personnes ont été "intimidées, chassées de chez elles par des voyous masqués en raison de leur couleur de peau", s'est indigné le ministre chargé de l'Irlande du Nord, Hilary Benn.
"Il n'y a pas de doute que les scènes auxquelles on a assisté ces derniers jours sont racistes", a déclaré de son côté Downing Street.
Condamnant également du "pur racisme", la Première ministre nord-irlandaise Michelle O'Neill a, comme d'autres responsables politiques, dénoncé les "individus mal intentionnés qui orchestrent en ligne la haine et la peur".
- Infirmière traquée, mosquée fermée -
La victime de l'attaque au couteau, Stephen Ogilvie, a perdu un œil. Il est hospitalisé mais son état "s'améliore", a indiqué jeudi après-midi le chef du parti unioniste DUP Gavin Robinson, qui s'est entretenu avec ses proches. Il a aussi relayé leur "appel pour un arrêt des violences".
La vidéo de l'attaque, qui montrait l'assaillant assis sur la victime à terre en sang, lui portant des coups, a été mise en ligne environ une heure après les faits par Tommy Robinson, et rapidement reprise par de nombreux comptes anti-immigration.
Downing Street a indiqué que le gouvernement comptait renforcer l'obligation faite aux plateformes de supprimer les contenus illégaux en temps de crise.
Mercredi soir, des dizaines de manifestants ont été bloqués par la police alors qu'ils tentaient de se rendre devant un hôtel qui avait hébergé des demandeurs d'asile par le passé, selon un photographe de l'AFP.
Une infirmière se rendant à son travail à l'hôpital d'Ulster, à l'est de Belfast, a été "prise en chasse et intimidée", selon l'organisation gérant cet établissement, qui a condamné une "attaque raciste".
Le suspect de l'attaque au couteau, Hadi Alodid, un Soudanais de 30 ans, a été inculpé pour tentative de meurtre mercredi et a comparu devant un juge. Il été maintenu en détention jusqu'à une prochaine comparution le 8 juillet. Ses motivations restent floues mais la police a écarté à ce stade la piste terroriste.
- "Frustration" -
Même s'il a manifesté mardi, Brendan, plombier de 50 ans, se dit "contre la violence".
"On a eu assez de violence ici pendant 30, 40 ans: des bombes, des meurtres", a-t-il déclaré à l'AFP, en référence aux trois décennies du conflit nord-irlandais qui a opposé jusqu'en 1998 républicains - surtout catholiques, partisans d'une réunification avec l'Irlande - et unionistes protestants, défenseurs de l'appartenance de l'Irlande du Nord à la Couronne britannique.
Les violences de mardi se sont produites essentiellement dans des quartiers unionistes. Mais pour John, un habitant issu de l'un de ces quartiers rencontré par l'AFP, unionistes et républicains sont "unis" dans leur "frustration" contre le gouvernement britannique et contre l'immigration.
Le Soudanais inculpé pour cette attaque avait le statut de réfugié et un titre de séjour valide jusqu'en 2028, selon le ministère de l'Intérieur. Il était arrivé dans cette province du Royaume-Uni en 2023 depuis la République d'Irlande, après être venu de Paris.
Le ministre Hilary Benn a assuré que le gouvernement agit pour "intensifier" les opérations afin d'identifier les personnes en situation irrégulière en Irlande du Nord et "procéder à davantage d'arrestations".